jeudi 14 novembre 2013

La lumineuse Ténèbre


Va sans voie. Recueil de textes sur la Lumineuse Ténèbre par Marie-Ange Seulen, Michel Cazenave, Jean-Marc Tapié de Céleyran, Editions Arma Artis.

Thème essentiel, transversal à nombre de traditions, pointant vers les métaphysiques non-duelles, la « ténèbre divine » aborde non seulement la question des enantiodromies mais aussi de renversements « verticaux ». La « ténèbre divine » évoque le jeu divin du néant et de la plénitude, du rien et du tout. Elle exige le silence comme mode opératoire, comme demeure et comme essence. Elle rend compte d’un mystère et d’une mystique tout à la fois, plénitude du Grand Rien, néant souriant de Dieu.

Les trois auteurs se sont restreints, avec sagesse, au christianisme.

Michel Cazenave évoque un chemin des ténèbres de Dieu, plus direct peut-être que tout autre : 

« Toutes choses qui d’évidence, dérivent de la Cabale et de ses considérations sur l’aleph divin qui précède le beth initial de la Genèse – et où l’on introduit une différenciation entre un aleph tenebrosum (Dieu comme ténèbre) et un aleph lucidum (Dieu comme lumière), étant bien entendu que c’est toujours l’aleph de l’Aïn Soph. Autrement dit, et comme s’en est expliqué cet immense théologien qu’était Miguel de Molinos dans le Guide spirituel : « Sache que le chemin des ténèbres est le plus profitable et le plus parfait, sûr et droit, parce que le Seigneur y loge son trône : « Il mit autour de lui des ténèbres pour son voile » (Psaumes, 18, 12). Par les ténèbres, la lumière surnaturelle croît et grandit. » »

Michel Cazenave convoque Plotin, Maître Eckhart, pseudo-Denys, saint Jean Chrysostome, Jean de Bernières, Hadewijch d’Anvers, entre autres, et bien sûr Marguerite Porete lorsqu’elle « invoque le « Néant », lorsqu’elle parle de theosis, c’est-à-dire de devenir ce que Dieu « est » (un pur rien), lorsqu’elle avoue que, parvenue à un certain état, elle n’a plus envie de rien, même de Dieu… »

Nos trois auteurs nous offrent des perles de mots choisis, extraits des textes les plus puissants qui soient sur ce sujet qui vivifie les traditions chrétiennes : Le Cantique des cantiques, saint Paul, saint Thomas, Philon d’Alexandrie, Grégoire de Nysse, Denis l’Aéropagite, Isaac le Syrien, Symeon le nouveau théologien, Hadewijck d’Anvers, saint Thomas d’Aquin, Angele de Foligno, Marguerite Porete, Maître Eckhart, Tauler, Madame Guyon, Malcom de Chazal, etc.

Ecoutons justement Malcom de Chazal :

« Où il y a FEU, la LUMIERE IMMANENTE qui est Dieu invisible sous le masque de la Nuit, se rend visible par réflexion. Où il y a Amour, où il y a feu, l’Absolu donne sa lumière réfléchie en don de Vérité – en réflexion, parce que la LUMIERE, VISAGE DE DIEU, est inatteignable, invisible, impensable, inconcevable, invivable, et c’est la Nuit, Visage fait invisible du DIEU-LUMIERE, LUI que nul œil n’a vu et ne verra jamais.

LA LUMIERE est là, mais ELLE se manifestera à tout jamais sous le Masque de la Nuit. Nous savons que cette LUMIERE est là, par le contact de sa PRESENCE, présence de la Nuit, Infinie Lumière, Dieu, qui embrasse, qui tient, qui enlève, qui baigne, qui lave, qui sauve, - symbole de la Joie et corps de Résurrection. »

Ce n’est certes point un hasard si le poète mauricien, qui fascina tant et André Breton et Sarane Alexandrian, vient clore cet ouvrage précieux.. Il sut, avec art, jouer de la langue pour exprimer ce que la langue ne peut, ne pourra jamais énoncer.

Editions Arma Artis, BP 3, 26160 La Bégude de Mazenc, France.

vendredi 13 septembre 2013

Le Grand Manuscrit d'Alger (suite)


Le Grand Manuscrit d’Alger, Tome 2, Georges Courts, Arqa Editions.

Après la parution du premier tome de ce Grand manuscrit d’Alger ou Livre Vert, texte devenu mythique qu’il convient de remettre à sa juste place, c’est-à-dire celle d’un ensemble d’apports techniques à la pratique des Elus Coëns, qui vient contribuer à la compréhension d’autres documents, notamment ceux du Fonds Z, ce deuxième volume était très attendu.

Le 2ème jour de Roch Hachana 5759[1], Robert Amadou a signé une note confidentielle importante, intitulée « Opérons-donc »[2], destinée aux membres des différentes branches en activité de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, note par laquelle il rappelait que le sens même de l’ordre résidait dans ses opérations. Lassé de ces prétendus élus coëns qui, par paresse ou par peur, se refusaient à opérer, il prétendait alors rappeler à l’ordre, c’est-à-dire à la chose. La chose des élus coëns peut s’entendre comme la cause, originelle et ultime, l’alpha et l’oméga, mais aussi comme l’autonomie suprême, le principe, la sagesse manifestée, le logos, le Verbe, la Vierge Marie, la Shékinah, le Saint-Esprit et l’Esprit saint d’Hély (ou Rhélys chez Martinès de Pasqually) ou encore du Christ, l’Être de l’être de la métaphysique.

Tout un chacun est élu. Cette élection devient particulière par une règle de vie rigoureuse, une ascèse singulière, exigeante, qui conduit à un état d’être, sinon l’état même de l’Être, qui modifie favorablement et durablement les rapports avec les objets extérieurs. Ces rapports d’opacité doivent se transformer en rapports de transparence, laissant ainsi entrevoir l’axe feu central. Cette singularisation par l’ascèse, par la présence, prédispose à l’opération. Mondains s’abstenir ! Opérer en tant que « personne », « ego conditionné », c’est se leurrer et leurrer ses compagnons. La technicité théurgique exige le silence du « moi ». Le désir, indispensable, qui émerge alors, est le désir de la chose pour elle-même, la puissance de la réversibilité ou de la réintégration

La clé de l’étude et, surtout, de la mise en oeuvre des textes rassemblés ici réside dans la saisie de l’esprit à travers la forme et dans le respect non conditionné de la forme au sein de l’esprit. Lévinas nous a enseigné que l’important n’est pas ce que veut dire un texte mais ce qu'il peut dire.

ARQA Editions – T E. Garnier, 29 bd de la Lise, 13012 Marseille, France.






[1]L’année 5759 du calendrier hébraïque a commencé la veille au soir du 21 septembre 1998 pour s’achever le 10 septembre 1999.


[2] En référence à la phrase de Louis-Claude de Saint-Martin : « Nous ne sommes ici que dans l’opération, opérons donc. »

 

vendredi 9 août 2013

Le RER de Jean-François Var


La Franc-maçonnerie à la lumière du Verbe. Le Régime Ecossais Rectifié de Jean-François Var, collection Bibliothèque de la Franc-maçonnerie, Editions Dervy.

Jean-François Var est un franc-maçon rectifié bien connu et un prêtre orthodoxe. Sa pensée est constituée d’un alliage philosophique et spirituel né de cette double expérience. Préfacé par José A. Ferrer Benimeli, spécialiste des relations entre Eglise et Franc-maçonnerie, l’ouvrage de Jean-François Var développe une sorte de religiosité du Régime Ecossais Rectifié quelque peu enfermante mais tout à fait intéressante en tant que chemin spirituel.

Son premier mérite est, dans un exorde précis, d’éclairer le lecteur sur ce qui fonde sa pensée et sur son intention. Se démarquant de René Guénon, de sa « métaphysique athée » comme de Jean Tourniac, et de son affect », deux personnalités et deux œuvres qui auront toutefois marqué son cheminement, Jean-François Var met aussi en garde contre la tentation templière et propose une doctrine à travers douze conférences, douze textes, qui, précise-t-il « forment chacun un tout, et chacun doit être considéré comme tel, indépendamment des autres ».

Jean-François Var développe et revendique un « parti pris ». Il positionne la Franc-maçonnerie chrétienne dans le cadre de l’illuminisme qui donne sens à l’expression Les Fils de la Lumière. Il évoque les quatre enseignements de la doctrine rectifiée et insiste sur  la fonction de la Résurrection du Christ dans le processus de Réintégration. Il dénonce les sectarismes, à juste titre, se méfie des « ésotérisants » et répète que seule l’initiation chrétienne est complète. Et là, comme souvent, naît l’ambiguïté. La proposition est recevable dans une perspective non-duelle qui traverse toutes les formes y compris les formes chrétiennes. Elle ne l’est plus dès lors qu’il y a identification dualiste à la forme. Tantôt Jean-François Var semble manifester l’œuvre des « vivants », de ceux qui participent du Christ et reçoivent l’Esprit Saint, quelle que soit les chemins traditionnels empruntés, tantôt il fait le choix de la théologie plutôt que de la théosophie (s‘appuyant parfois à contre sens sur Robert Amadou). Néanmoins, la partie centrale de l’ouvrage, consacrée à L’initiation et le Christ, peut réellement nourrir le processus initiatique dès lors qu’on ne tombe pas dans un nouveau dogmatisme.

L’auteur rappelle la fonction du Régime (ou Rite) Ecossais Rectifié, voulu par Jean-Baptiste Willermoz : celle de « conservatoire «  de la doctrine de Martines de Pasqually et de son Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers qu’il définit comme « un lieu où, non seulement on sauvegarde et on préserve, mais aussi on enseigne et on pratique, donc on transmet et on perpétue, une tradition vivante ». Il nous parle d’une « science de l’homme », d’un art initiatique, d’une méthode qui réduit la distance à notre origine. Sur cette méthode, il convient de s’interroger. En effet, s’il s’agit de conserver la doctrine des Elus Coëns basés sur une pratique opérative de nature théurgique, que devient-elle au sein du R.E.R. ? Pour Robert Amadou, la « Bienfaisance » était dans le cadre du Rectifié l’équivalent de la théurgie. Mais de quelle Bienfaisance parle-t-on ? De toute autre chose que de la charité ou du bien commun. Le « Bien faire », cet ajustement à l’intention originelle relève d’une subtilité remarquable de l’Esprit.

Jean-François Var, lui, évoque une forme de « mystique ».

« L’initiation est un moyen accordé par Dieu à l’homme pour réparer la chute de celui-ci. Mais seul le Christ, le Verbe incarné, unissant en Lui la nature divine et la nature humaine, en a le pouvoir. Donc, pour fonctionner, si l’on ose parler ainsi, l’initiation doit, de toute nécessité, être vécue comme un passage par le Christ pour faire retour à l’éternité, ou plutôt à l’Eternel. Car « nul ne va au Père que par Lui » (cf. Jean 14,6). S’il en est autrement, ou bien l’initiation est nulle, ou bien elle agit à rebours, et alors!…

Ainsi, l’identification initiatique à Hiram mort et ressuscité est bel et bien une identification au Christ mort et ressuscité. C’est donc réellement « l’identification à la divinité » dont nous parlions au début de ce travail, c’est une des voies de la déification.

Ici venus, ajoutons, car il s’impose, un avertissement important. L’identification au Christ mort et ressuscité opérée par la voie de l’initiation est une identification symbolique. Mais le symbole qui ne débouche pas sur la réalité plénière à laquelle il a fonction de faire accéder est un symbole mort. C’est une porte fermée, ou bien une porte factice. Donc cette identification symbolique doit être accompagnée et vivifiée par une identification réelle que seule procure la voie sacramentelle. L’initiation, pour agir par et dans le Christ exige le sacrement. »

L’initiation libère, y compris de l’initiation. Ce mouvement est bien présent dans l’expérience de l’auteur, mais parfois repris par les crispations théologiques. Cependant l’expérience, la longue expérience spirituelle de l’auteur est riche d’enseignement. C’est là sans doute le plus important, la rencontre entre l’auteur et le lecteur est une rencontre entre deux cherchants. C’est dans cette rencontre que la richesse initiatique peut apparaître au jour.

Editions Dervy, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris, France.

mercredi 24 juillet 2013

Petite Clavicule du Roi Salomon


Lemegeton, la petite clavicule du Roi Salomon éditée et commentée par Fred MacParthy, Sesheta Publications.

Après Clavicula Salomonis. La Clavicule de Salomon d’après des Manuscrits des 17e et 18e siècles, Fred MacParthy poursuit son travail d’édition de grimoires.

Cet ouvrage est formé de quatre parties : Ars Goetia, l’art de la Goetie, Ars Theurgia-Goetia, l’art de la Théurgie-Goetie, Ars Paulina, l’art Paulin, Ars Almadel Salmonis. Selon les auteurs, un cinquième livre peut apparaître, intitulé Ars Nova (deux ou trois folios manuscrits) ou encore Ars Notaria pour désigner alors un ouvrage conséquent.

Si les manuscrits originaux de Clavicula Salomonis sont en français, ceux du Lemegeton sont en anglais. On ignore la signification du mot Lemegeton qui fut populaire sous ce titre à partir du XVIIème siècle. Si cet ouvrage fait référence dans le domaine de la magie salomonienne, il est surtout connu pour sa première partie qui traite de la Goétie. Cette partie traite de 72 esprits ou anges rebelles, voire déchus, à ne pas confondre avec les 72 puissances du Shem ha-Mephorash.

Dans sa présentation, Fred MacParthy pose plusieurs questions d’importance pour qui étudie ce type de manuscrits. Il invite à faire attention à la langue et aux contextes d’usage des mots qui peuvent prêter à confusion selon l’interprétation donnée. Il interroge la nature de ces « vibrations calculées » pour reprendre la terminologie d’Aleister Crowley et la notion fort mal comprise de Chaos, « soupe primordiale et originelle ayant précédé la création ». Il propose au lecteur de dépasser les lectures conditionnées et réductrices pour saisir les principes opérant à travers les lois qu’elles soient naturelles ou divines.

Les grimoires proposent des « langues » qui pour une grande part, échappent à notre entendement. Certains peuvent être porteurs de superstitions ridicules, d’autres, tout au contraire, présentent une véritable métaphysique.

Sesheta Publications, 2 bis rue Damiette, 76000 Rouen, France.

samedi 29 juin 2013

Vol de la bibliothèque de Robert Amadou



« Catherine Amadou et les trois enfants de Robert Amadou (conjoint survivant donataire et héritiers de R.A.) tiennent à vous informer que la Bibliothèque de Robert Amadou a fait l’objet d’un important vol (plus de 5000 livres, XVIe - XXIe siècles, des manuscrits).
Ils mettent en garde les amateurs sur l’origine frauduleuse des livres ou des papiers qui en proviendraient.
Cette origine frauduleuse étant d’ailleurs souvent ignorée des intermédiaires qui mettent en vente tel ouvrage dédicacé à R.A. par un grand nom de la littérature ou tel rare document d’archives d’un cercle martiniste de la Belle Epoque.
La famille met en ce moment en place un dispositif juridique pour faire valoir ses droits. »
 

samedi 22 juin 2013

Maître Philippe


Monsieur Philippe, l’Ami de Dieu par Serge Caillet, Editions Dervy.

On sait l’influence prépondérante du Maître Philippe sur les mouvements martinistes et au-delà sur la scène ésotérique européenne. Il a suscité bien des passions et fascine encore des mystiques comme des hermétistes.

Serge Caillet avait établi en l’an 2000, lors de la première édition de ce livre, un remarquable portrait, historique et dépassionné, basé sur les faits et les témoignages, permettant de mieux cerner la personnalité et l’œuvre du Maître. Cette seconde édition, très augmentée, s’appuie sur de nouveaux inédits et approfondit la première édition déjà excellente.

Exploitant plusieurs sources inédites, Serge Caillet tente de passer outre les clichés nombreux qui voilent une personnalité riche et complexe pour restituer l’histoire certes mouvementée mais toujours orientée d’un homme hors du commun. Cette biographie difficile permet de suivre l’itinéraire de Philippe depuis sa campagne natale et sa famille paysanne jusque dans les méandres politiciennes de la cour de Nicolas II ou d’autres monarques. Philippe ne cessera jamais d’être lui-même, un homme de Dieu soulageant la souffrance qu’elle soit physique ou spirituelle. Très probablement, cet homme ordinaire a été un extraordinaire imitateur de Jésus-Christ poussant à son stade ultime l’imitation de Jésus-Christ.

Dans son union avec le Christ, pécise Serge Caillet, Monsieur Philippe, qui se disait le chien du Berger et sur lequel, selon l’abbé Julio, reposait l’esprit de Dieu, a reproduit à sa façon l’image parfaite du Fils de Dieu devenu homme, il a atteint la ressemblance avec Dieu dans la ressemblance avec le Christ dont il était l’ami. Le Christ n’a-t-il pas proclamé : « Heureux les pauvres en esprit car ils verront Dieu. » ? »

Serge Caillet nous rappelle les propos de Sédir : « Sédir a merveilleusement évoqué son maître parmi Quelques amis de Dieu, où il ne craint pas d’avouer que M. Philippe lui est apparu « comme un de ces frères mystérieux du Seigneur, un des plus grands, le plus grands peut-être, des hérauts de l’Absolu ». A travers lui, il a « vu et touché les preuves expérimentales des promesses du Christ qui a dit un jour qu’Il donnerait à Ses Amis le pouvoir d’accomplir des miracles plus grands que les siens ; j’ai vu ses accomplissements ; le Christ a dit encore à Ses Amis qu’Il demeurerait avec eux jusqu’à la fin ; j’ai vu cette présence cachée. La vie de mon Inconnu n’est qu’une suite de telles preuves. » »

Serge Caillet illustre son propos de deux documents inédits : le carnet du Dr Gérard Encausse et un journal anonyme de comptes rendus de séances de guérisons et d’enseignements. Gérard Encausse, Papus, a relevé et classé des propos de Philippe dans un répertoire conservé aujourd’hui à la Bibliothèque Municipale de Lyon. Certains de ces propos, énigmatiques, sont particulièrement intéressants :

« Les disciplines qui tendent vers l’inertie, seront enfermés après le jugement, dans leur idéal pour 1500 ans. »

« Parler trop tôt ou enseigner à un être des vérités prématurées, c’est l’étioler, lui faire du mal, l’étioler de l’autre côté, ce qui est plus grave que de ce côté-ci. Car c’est de l’autre côté qu’on acquiert vraiment la lumière. Ici nous n’avons qu’à faire des efforts pour nous améliorer le coeur. Le reste nous sera donné. »

On trouve souvent dans les propos de Philippe une fausse naïveté qui peut surprendre, déranger parfois. Philippe a exprimé sa sagesse certaine avec la simplicité d’un homme de la terre, simplicité qui nous est largement étrangère. La plus grande partie de son enseignement fut comportementale, c’est pourquoi il est si difficile à l’historien de nous faire comprendre toute la profondeur de l’homme.

Ce livre comblera tous ceux qui se sentent proches du Maître Philippe. Il intéressera tous les martinistes soucieux de mieux connaître l’une des influences majeures qui s’exerça sur le mouvement initiatique auquel ils sont rattachés.

Editions Dervy, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris, France.

mercredi 29 mai 2013

Clavicule de Salomon


Clavicula Salomonis. La Clavicule de Salomon d’après des Manuscrits des 17e et 18e siècles, éditée et commentée par Fred MacParthy, collection Grimoires, Sesheta Publications.

La Clavicule de Salomon (on parle souvent des clavicules) circula depuis le XVe siècle sous bien des versions, certaines divisées en deux parties, d’autres en quatre, certaines avec pentacles ou talismans, d’autres sans. Toutes sont dites « traduites de l’hébreu » mais ne peuvent être considérées comme référées strictement et rigoureusement à la kabbale ou même plus généralement aux sources hébraïques. L’influence de la kabbale chrétienne de la Renaissance semble par contre incontestable. Les erreurs ne manquent pas dans ces diverses versions, par exemple dans l’emploi des noms divins hébreux.

Cette nouvelle édition est basée sur plusieurs manuscrits français de la version du XVIe siècle, dite d’Abraham Colorno, qui fut un temps conservée à la Bibliothèque de l’Arsenal avant de rejoindre la Bibliothèque Nationale (BN 2348). Les sceaux, les caractères, les dessins, proviennent de ces manuscrits complétés par la version publiée par Samuel Liddel Mathers. Les pentacles sont issus d’un autre travail de Mathers publié sous le titre « The key of Salomon the King ». Fred MacParthy a corrigé les erreurs des éditions anciennes. Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage les références des différents manuscrits et le lieu de leur conservation.

Cette version sera donc particulièrement intéressante pour ceux qui ont reçu la transmission de la Clavicule de Salomon ou qui, plus généralement, s’intéressent à la magie salomonienne.

Sesheta Publications, 2 bis rue Damiette, 76000 Rouen, France.