Bulletin de la Société Martines de Pasqually n° 35, 2025.
Sommaire du n° 35, 2025 : Où il est question d’honorer Martinès de Pasqually ? – Quelques considérations sur le culte primitif par Serge Caillet – Dictionnaire de Martines de Pasqually : Noms propres - III par Serge Caillet – La Grande Loge Martinès de Pasqually à Port-au-Prince (Haïti) et la situation actuelle par Jacques de Cauna – Présentation du corpus élu cohen par Thierry Lamy – Martinès de Pasqually est-il chrétien ? par Michelle Nahon – Brit Milah ( בריתמילה ) par Sha’ul Riel – La doctrine de « l’émanation » des êtres spirituels selon Martinès de Pasqually par Jean-Marc Vivenza.
Nous attirons votre attention sur les Quelques considérations sur le culte primitif de Serge Caillet qui sont bien davantage que des considérations mais plutôt une réflexion profonde sur le sens des opérations coëns (opérer c’est davantage qu’opérer) dans le système global proposé par Martines de Pasqually. Ce travail sera utile à tout martinésiste, à tout martiniste, à tout membre du Régime Ecossais Rectifié quel que soit le rapport entretenu, proche ou distant, avec la doctrine de la réintégration. Serge Caillet présente une synthèse non réductrice du système de Martines de Pasqually, parfois difficile à saisir dans ses articulations, ses ruptures ou ses continuums. L’excellence pédagogique bien connue de Serge Caillet n’étouffe pas l’intuition, le pressentiment et laisse libre la place, indispensable, pour l’Esprit
« D’ailleurs, nous dit Serge Caillet, qui d’autre que l’Esprit pourrait se tenir au centre du triangle des trois colonnes du temple coën ? Sagesse, Force et Beauté sont les piliers du monde. La tradition martinésiste consigne un savoir, une sagesse, en instruisant des êtres et des choses de Dieu, du nom des anges, de l’histoire sainte des hommes. Une théorie, donc.
Mais c’est une théorie de l’action, une force agissante, un savoir opératif de la chute et de la remontée. Il s’agit, il s’agira toujours de ramener tout être et toute chose à son principe, autrement dit de se réintégrer – après la réhabilitation préalable – et d’aider à la réintégration des autres êtres. De tous les autres êtres et pas seulement des hommes, y compris des esprits déchus, car la réintégration ne peut être qu’universelle. Il s’agit, il s’agira toujours par conséquent, de contribuer à soutenir le monde, tout en célébrant la beauté qui sauvera le monde. »
A l’heure où les éditions Modestia mettent à notre disposition une part des archives inédites de la Vème province du RER de Jean-Baptiste Willermoz, archives qui obligent à repenser le projet du RER en lien avec la doctrine de la réintégration, ce texte contribue à se situer dans un courant étonnement fécond en ce début de millénaire.
Le même serge Caillet poursuit la publication en feuilleton de son dictionnaire de Martines de Pasqually. Nous en sommes toujours aux noms propres et à la lettre D. Quiconque s’est engagé dans le travail opératif selon le culte primitif de Martines de Pasqually peut comprendre que ce dictionnaire une fois achevé sera un indispensable outil et permettra d’éviter de longues recherches pour croiser les informations dispersées.
Thierry Lamy, de son côté, s’intéresse à la place du texte intitulé De circulo et ejus compositiones, présent dans le Fonds Z, dans le système coën. Parce que « De rien, il ne sort rien sans information » selon Gregory Bateson, il est bon de rechercher, quand cela est possible, les sources et les influences afin de « situer » un texte pour établir sa place et son intérêt dans un corpus. C’est ce que fait ici Thierry Lamy.
Michelle Nahon répond à la question « Martines de Pasqually est-il chrétien ? », question dont l’intérêt n’est pas qu’historique alors que se repose régulièrement, par exemple, une autre question : « Quel christianisme pour le RER ? ». Alors oui, Martines est « chrétien », à sa manière comme tout chrétien. En tous les cas, il possède des connaissances qui relèvent du Christianisme et est familier du catholicisme. Michelle Nahon en donne le détail et conclut : « Martines se comporte en chrétien et il promeut des aspects du Christianisme dans sa doctrine ».
Sha’ul Riel poursuit son exploration des rapports entre la doctrine de Martines et la kabbale. Cette fois, parmi les sujets abordés nous trouvons celui du sens du mot coën ou cohen, celui de l’eucharistie et celui, délicat, de la circoncision, Brit Milah, dont Martines ne parle pas.
Encore une fois, ce numéro, de haute tenue, est un apport considérable à la pensée et à la pratique du courant martinésiste-martiniste en ses différentes expressions.
