Cirem / Centre International de Recherches et d'Etudes Martinistes
Publications, chroniques, informations sur le martinisme, la franc-maçonnerie et les traditions initiatiques
mercredi 23 mai 2012
Eve et Marie
lundi 23 avril 2012
Les Nombres
Nous savons l’importance que le philosophe Louis-Claude de Saint-Martin accordait aux nombres. Luc de Goustine remarque que « le nombre oscille entre deux statuts : celui qui le répute anodin ou décoratif, et celui qui l’intègre sans sourciller dans la formulation essentielle des plus hauts mystères. « Purement « symboliques en esprit et en vérité, les nombres seraient alors les plus purs symboles que délègue vers nous la Sagesse éternelle… »
La puissance de ce livre réside dans la mise à l’écart des codes préétablis, traditionnels ou philosophiques, fussent-ils issus des hautes sagesses comme la kabbale. Luc de Goustine invite le lecteur à avancer vierge dans le monde des nombres en mettant côte-à-côte le bon sens et la métaphysique dans une attention soutenue de ce que propose l’Ecriture, sans rien en exclure et notamment ce qui semble anodin.
dimanche 22 avril 2012
Irène Mainguy : le grade de Compagnon
jeudi 22 mars 2012
Aurea Catena Homeri
La Chaîne d’Or d’Homère. La Nature dévoilée ou la Théorie de la Nature, édition intégrale, attribuée au Docteur Anton Joseph Kirchweger, Sesheta Publications.
Voici une très belle édition de ce classique indispensable de la littérature hermétiste qu’alchimistes et rosicruciens opératifs se doivent de s’approprier. Plusieurs traductions incomplètes de cet ouvrage en trois parties furent proposées aux francophones, nous avons là le texte complet
L’Aurea Catena Homeri constitue une référence depuis l’antiquité. Echelle qui relie le Ciel et la Terre, le monde des dieux et le monde des hommes, elle exprime le fondement des voies opératives et nourrit un axe philosophique et métaphysique présent dans les différents courants traditionnels de l’Occident.
L’ouvrage est composé de trois parties, la première est accessible aux débutants qui abordent l’alchimie, la deuxième s’adresse à ceux qui travaillent au laboratoire et la troisième aux opératifs avancés qui sauront découvrir dans leurs échecs répétés les savoirs qui ne sont pas immédiatement accessibles dans les écrits.
Dans son introduction, l’éditeur décrit les spécificités de l’ouvrage :
« Une autre grande nouveauté est que cet enseignement est transmis dans les deux premiers livres, sous la forme d’une cosmogonie, et non dans le cycle traditionnel des textes Alchimiques, avec un fond radicalement Chrétien.
La structure de la Chaîne d’Or ressemble à des cours magistraux dispensés à des élèves studieux. Chaque partie du livre est une évolution théorique finissant par une ou des pratiques. Le texte est progressif et didactique, tout en étant abordable pour le plus grand nombre. C’est cet ensemble de faits qui fit dire aux descendants de la Tradition Rosi-Crucienne, qu’il s’agissait d’un cours mis par écrit pour des disciples. Tout comme le fait que des manuscrits circulèrent dans des milieux bien spécifiques pendant des années avant d’être enfin publiés. Ce cours a peut-être été écrit par plusieurs personnes à travers le temps comme le suggèrent les différentes parties. L’ensemble de ces parties formant ensuite un cursus clair et complet qui fut réécrit afin de produire ce livre.
Même s’il ne s’agit pas de la même main qui écrivit les trois parties de ce livre, il s’agit bien de la même école, du moins pour la version que nous présentons ici. »
De fait, les trois parties présentent une grande cohérence tant doctrinale qu’opérative. L’ensemble constitue l’une des pierres angulaires de l’hermétisme rosicrucien des XVIIème et XVIIIème siècles.
L’Aurea Catena Homeri eut un grand rayonnement et une grande notoriété dans les milieux opératifs germanophiles. Cette influence s’étendit jusqu’à des personnalités comme Goethe ou Jung. Cette édition française contribue ainsi au renouvellement de l’étude de ces documents de référence.
Sesheta Publications, 2 bis rue Damiette, 76000 Rouen, France.
lundi 19 mars 2012
Franc-maçonnerie, spiritualité vivante
La Franc-maçonnerie, une spiritualité vivante de Rémi Boyer, Editions Le Mercure Dauphinois.
Nous nous demandons parfois si la Franc-maçonnerie peut encore être ou redevenir, initiatique au sens d’une quête de l’être ? En effet, la Franc-maçonnerie demeure un formidable outil potentiel de travail par le cadre qu’elle garantit.
Une enquête lancée auprès de Francs-maçons de diverses obédiences francophones a livré des résultats intéressants. Les réponses ont montré qu’une majorité de sœurs et de frères attendaient de leur obédience un projet et un étayage initiatiques, que c’était une priorité même si pour plus de la moitié d’entre eux, le projet social et humaniste lui était adjacent. Les réponses indiquaient également que les sœurs et les frères étaient en attente d’une pratique, à la fois personnelle et de loge, qu’un nombre croissant, sans renier leur engagement maçonnique initial pour la plupart, se tournaient vers de petites obédiences maçonniques plus fermées, vers le bouddhisme, l’orthodoxie, les arts martiaux… pour trouver cet axe pragmatique susceptible de les conduire au-delà des colonnes.
Le chantier est ouvert d’une construction ou d’une reconstruction d’un processus initiatique maçonnique, une spiritualité vivante, et ce livre en relève le défi.
L’auteur a longuement exploré le monde des avant-gardes, des traditions initiatiques et des philosophies de l’éveil. Il œuvre notamment, dans le cadre de la Maison des Surréalistes de Cordes sur Ciel, à une nouvelle alliance entre traditions, philosophies de l’éveil et avant-gardes artistiques.
Considérant la littérature comme une forme de métaphysique, il s’est inscrit activement dans le mouvement des revues dès les années 80 et collabore depuis à diverses revues de tradition en Europe. Il est l’auteur d’une vingtaine d’essais spécialisés, notamment sur les mouvements initiatiques occidentaux, ouvrages traduits en plusieurs langues. Depuis 1992, il anime la revue L’Esprit des Choses, fondée avec Robert Amadou, spécialisée dans la philosophie de Louis-Claude de Saint-Martin, le martinisme et la Franc-maçonnerie. Il est régulièrement convié à donner des conférences et animer des séminaires sur des thèmes relatifs à l’initiation dans la plupart des pays d’Europe.
Le Mercure Dauphinois, 4 rue de Paris, 38000 Grenoble, France.
mardi 21 février 2012
Le rituel initiatique
Le rituel initiatique, outil de création et art de vivre par André Quémet, collection Les Symboles maçonniques, Maison de Vie Editeur.
Remarquable travail que cet essai sur la nature, la fonction et l’essence du rituel initiatique. Au début de l’ouvrage, l’auteur rappelle cette affirmation de l’Inde ancienne : « seul le dieu peut rendre le culte du Dieu », cette reconnaissance, double en réalité, justifie l’établissement « des liens et une circulation entre les puissances qui président à la création du monde et des hommes. »
Bien des points essentiels de l’œuvre initiatique sont identifiés par l’auteur, ainsi il identifie le passage essentiel dans le processus initiatique de « l’imitation » à « l’invention » :
« « Par le rituel di P. Dangle, on remet au présent la « Première fois », le jaillissement de la création en esprit qui engendre l’Être. »
Le rituel est un art en ce qu’il implique une expérience remontant aux origines de l’humanité et une créativité permanente : la « reproduction » de l’acte créateur primordial, le renouvellement de l’instant de l’inexplicable émergence du dieu créateur venu à l’existence de lui-même, la ré-expérimentation de l’instant de l’origine. Pour les anciens, si la création a lieu lors d’une « Première fois », elle n’est cependant pas fixée dans le temps. Il s’agit à la fois d’une création continue et répétitive, cet événement se répétant de smillions de fois, notamment lors de chaque lever de soleil. Cependant, dans le processus de création, rien n’est mécanique ni automatique ; lorsque
André Quémet insiste sur la cohérence du corpus rituel, cohérence qui traduit une structure absolue :
« Une loge doit avoir une immensité de rituels, les développer, les nourrir, pour qu’à chaque moment de la vie initiatique corresponde un type de rituel. chaque rituel, ensemble complet, « jeu des perles de verre » dirait Herman Hesse, est un outil très précis pour travailler
« Chaque rituel est un moment de naissance communautaire. Etant un perpétuel voyage, une loge initiatique, par ses travaux, se déplace dans l’espace de la conscience. Lorsque ses membres sacralisent leur travail par un rite, ils se placent dans l’instant primordial, à la racine du Verbe. »
Le rite est vivant. Le temple vivant. Y compris en l’absence des initiés.
La reconnaissance de la discontinuité du temps, le passage du temps profane linéaire au temps circulaire du mythe, puis la traversée du temps vers le non-temps, l’ici et maintenant insaisissable sauf à l’esprit libre sont véhiculés par le rythme du rite qui va de la périphérie au centre.
Sa fonction ultime est non-humaine, hors des crispations de la personne :
« Nul pouvoir personnel ne peut être retiré de l’incarnation d’une puissance de création, car le rituel est toujours au-delà de l’humain, et personne ne peut l’accomplir pour soi. Le rite est donc précisément l’anti-pouvoir par excellence, car en accomplissant un rite, démarche fonctionnellement impossible à l’individu, on s’intègre à l’Être universel. Même si ce n’est que pendant quelques instants, cela dépasse totalement l’individu. En tant que ritualiste, les ambitions, le désir de développement personnel, la recherche du pouvoir, « briller », tout cela est dépassé puisque l’on est au service du rite, et c’est pourquoi les rites doivent être accomplis en humilité avec une grande ponctualité. »
Maison de Vie Editeur, 16 boulevard Saint Germain, 75005 Paris
mercredi 15 février 2012
La jauge, symbole maçonnique
La jauge ou la clef du chantier de Xavier Tacchella, Maison de Vie Editeur.
Il peut être considéré comme révélateur qu’à notre époque de grande confusion, la jauge, outil essentiel des bâtisseurs de cathédrale soit largement ignorée en Franc-maçonnerie. Xavier Tacchella nous rappelle qu’elle fait pourtant partie de la boîte à outils du Franc-maçon.
L’auteur nous invite d’abord à éviter une erreur commune. La jauge n’est pas la règle à vingt-quatre pouces.
La jauge, ou quine, était un outil commun aux compagnons d’un chantier. Changer de chantier c’était changer de jauge. Une nouvelle jauge était remise au compagnon à son arrivée afin que tous les compagnons d’un chantier œuvre bien à partir d’une même mesure. La jauge diffère également de la canne du maître d’œuvre même si nous y retrouvons les mêmes cinq mesures basées sur la paume, le palme, l’empan ou pan, le pied et la coudée, chaque mesure égale à la précédente multipliée par le nombre d’or, chaque mesure égale à la somme des deux précédentes (empan = palme + paume).
Cette mesure commune est pour l’auteur comme « une mémoire collective du chantier » qui garantit la construction.
Après avoir replacé la fonction de la jauge dans ses contextes historiques, Xavier Tacchella s’intéresse à la symbolique de chacune de ses mesures, main, paume, palme, empan, pied, coudée, en puisant dans la kabbale. Elle est pour lui un symbole multiple :
« Symbole de l’Inconnu car seuls les initiés peuvent la détenir.
Symbole de la Connaissance car seuls ceux qui « savent le métier » se la verront remettre.
Symbole de la Découverte car en passant de la paume à la coudée c’est l’univers entier qu’elle permet de mesurer et de découvrir. En le mettant à la mesure de l’homme, il pourra le contempler à la mesure de sa connaissance.
Symbole du Secret car celui qui la détient ne peut la « prêter » ou la donner. Il ne peut s’en défaire qu’en la détruisant ou en la remettant au Maître d’œuvre.
Elle est enfin symbole de l’Ordre car qu’est-ce qu’un ordre si ce n’est un groupement d’hommes ou de femmes acceptant de vivre selon une règle commune ? »
Maison de Vie Editeur, 16 boulevard Saint Germain, 75005 Paris.