samedi 5 décembre 2015

La Franc-maçonnerie swedenborgienne



La Franc-maçonnerie swedenborgienne de Serge Caillet, Editions La Tarente.
En ce début de XXe siècle, le Dr Gérard Encausse dit Papus, active en France le rite swedenborgien. La patente lui vient de John Yarker, grand hiérophante du rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm, qui en assume la grande maitrise générale outre-Manche. L’aéropage INRI, dirigé par Papus, va donc travailler au rite primitif et originel, avatar du swedenborgisme.


L’étude liminaire de Serge Caillet à la publication des rituels des 3 degrés de ce rite nous fait voyager d’Emanuel Swedenborg aux Compagnons de la Hiérophanie, en passant par Dom Pernéty, le Marquis de Thomé ou encore Martines de Pasqually. Voyage dans le temps et dans l’espace, où l’on voit ce rite passer d’Europe aux Amériques et retour.
Robert Amadou avait mandaté Serge Caillet pour l’édition de ces rituels. C’est aujourd’hui chose faite dans la 2e partie de cet ouvrage.
Les 3 grades, en réalité des «hauts grades» puisque il faut être maître maçon pour prétendre les pratiquer, ont pour noms Illuminé franc-maçon ou Frère vert, Sublime franc-maçon ou frère bleu et Parfait franc-maçon ou Frère rouge. Des rituels riches en détails symboliques jusqu’ici tenus dans l’oubli.

 

mercredi 2 décembre 2015

Saint Michel Archange



Saint Michel Archange de François Eiximenis, Editions de la Merci.
Francesc Eiximenis (1330 – 1409) est un franciscain catalan qui laissa une œuvre considérable et influente. La pièce maîtresse de cette œuvre est un ensemble de treize livres, Lo Crestià, resté inachevé.
Son Llibre dels àngels connut un vrai succès et fut largement traduite et publiée aux XVème et XVI XVIème siècles. C’est un traité d’angéologie très développé auquel se mêlent des considérations plus politiques. Francesc Eiximenis participe au développement du culte des anges protecteurs des cités. Il va ainsi inventer le culte de l’Ange custode de Valence. C’est à partir de soixante ans qu’il laisse de côté une vie plutôt aventureuse et politique pour renouer avec la religiosité et la contemplation. Le Livre des Anges et la Vie du Christ, ouvrage considéré comme exceptionnel, malheureusement indisponible en français, sont le fruit de cette période d’intimité spirituelle.
Le Livre des Anges s’appuie sur plusieurs sources dont la Hiérarchie céleste de saint Denys l’Aéropagite et le De divinis nomiunibus du pseudo-Denys mais cet érudit a étudié les œuvres puissantes de nombreux auteurs de saint Augustin à Origène en passant par Aristote. Cependant, son écriture est très vivante par l’intégration d’anecdotes, témoignages, légendes, miracles. A la fois garant d’une angéologie classique et novateur dans son expression, son travail, se trouve à la croisée de la tradition populaire et de l’érudition sans qu’il défende les thèses de telle ou telle école.
Le Saint Michel Archange se présente comme le cinquième traité du Livre des Anges. Outre certains passages de la Bible, comme la révélation faite au prophète Daniel, le glissement de certains mythèmes des traditions non chrétiennes vers l’action de saint Michel vont favoriser le développement du culte de saint Michel qui au fil des siècles va s’étendre et se renforcer avec des ancrages particulièrement puissants comme la création du Mont saint Michel au VIIIème siècle ou la fondation au XIIème siècle par Alphonse 1er de Portugal de l’Ordre des chevaliers de l’Aile de saint Michel pour célébrer la victoire d’Alcobaça en 1171 qui fait écho à une autre victoire du roi : Alphonse 1er fut le fondateur du royaume de Portugal par la célèbre bataille d’Ourique en 1139.
Cependant, Eiximenis traite surtout des fonctions de l’archange dans son traité : médiateur et conseiller des gouvernants, adversaire permanent de Lucifer, maître des miracles, facilitateur de la compréhension du dessein divin, artisan de sa création, organisateur de la fin du monde, etc.

Nous remarquerons le chapitre consacré aux prophéties concernant les royaumes d’Europe qui s’inscrivent dans l’attention générale que portent les franciscains aux prophéties, particulièrement dans la péninsule ibérique.

Plusieurs chapitres de fin d’ouvrage traitent de la prière à saint Michel et de son efficacité. Comme le note Patrick Gifreu dans sa belle et riche présentation de l’ouvrage, « en définitive, il s’agit de l’ange protecteur de chaque âme sur lequel le XVème siècle s’est interrogé avec une curiosité particulière. ».
Cette édition, particulièrement soignée, d’un texte important du grand auteur que fut et demeure Francesc Eiximenis a été publiée avec l’appui de l’Institut Ramon Llull de Barcelone.
Editions de la Merci, 9 avenue Cap Béar, 66100 Perpignan, France.

mardi 20 octobre 2015

Martinismo y masonería



Martinismo y masonería, Cultura Masónica, Revista de Francmasonería, n° 23. Masonica.es.

La belle revue de langue espagnole dont plusieurs numéros furent dirigés par José Miguel Jato consacre cette nouvelle livraison au(x) martinisme(s). Si la Franc-maçonnerie n’a pas encore trouvé la place qui lui revient dans une Espagne très catholique qui conserve des réflexes anti-maçonniques hérités de la dictature franquiste, le martinisme, quant à lui, est très confidentiel.




Cette revue annonce son objectif en une phrase : « Todo lo que un máson quiere saber sobre el martinismo. ». Et, de ce point de vue-là, l’Espagne apparaît comme avant-gardiste tant les Francs-maçons du reste de l’Europe ignorent généralement la nature et la spécificité du martinisme comme de l’illuminisme n’hésitant pas à véhiculer préjugés et clichés au sujet de ce courant majeur de la tradition occidentale. Un tel projet mériterait de voir le jour en d’autres langues, y compris en français, langue maternelle du martinisme en ses diverses expressions.

Outre José Miguel Jato, de nombreux auteurs ont contribué à cette publication : Sâr Amorifer, Alfonso Marcuello, Jean-Marc Vivenza, Manuel M. Arce, Serge Caillet et Rémi Boyer.


dimanche 20 septembre 2015

Joseph de Maistre



Joseph de Maistre. Prophète du christianisme transcendant, textes choisis et présentés par Jean-Marc Vivenza, Editions Signatura.


Joseph de Maistre (1753 – 1821) est une figure de l’illuminisme trop souvent encore ignorée. Avec cet ouvrage, Jean-Marc Vivenza introduit le lecteur à l’œuvre riche et complexe de Joseph De Maistre.

Franc-maçon, Joseph de Maistre fut membre du Régime Ecossais Rectifié de Jean-Baptiste Willermoz jusqu’en 1792. La pensée de Joseph de Maistre se déploie à la croisée de diverses influences, notamment Louis-Claude de Saint-Martin, Jacob Boehme, Swedenborg ou Eckartshausen mais aussi Clément d’Alexandrie et Origène. De 1803 à 1811, il est à Saint-Pétersbourg où il se mêle aux Francs-maçons russes dont le prince Alexis Galitzine qui fait partie des « étudiants » de la doctrine de Louis-Claude de Saint-Martin. Ayant dû fuir la Révolution française, il eut une certaine aura dans les salons contre-révolutionnaires et demeure encore aujourd’hui un auteur qui intéresse les milieux traditionnalistes contre-révolutionnaires.




Connu pour ses célèbres Soirées de Saint-Pétersbourg, œuvre de fin de vie, son ouvrage principal, qui synthétise une pensée très cohérente, reste le Traité sur les Principes.

La sélection de textes opérée par Jean-Marc Vivenza emprunte beaucoup aux Soirées de Saint-Pétersbourg, pour traiter des thèmes de l’illuminisme, du christianisme transcendant, de la prière, du mal et de l’ordre divin. Mais, nous trouvons aussi dans ce recueil d’autres textes comme Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, daté de 1809, qui aborde notamment la question du dogme et de la foi. Du Pape, un texte de 1819, traite des fonctions papales, temporelles ou intemporelles et de la place des Papes dans la construction spirituelle de l’Europe.

Jean-Marc Vivenza insiste sur un texte publié en 1810, en marge des Soirées, intitulé Eclaircissements sur les sacrifices, qu’il considère comme « le cœur de la pensée maistrienne, en tant qu’exposé fondamental et essentiel, sans doute le plus abouti et le plus précis, de la doctrine anthropologique et théologique de Maistre, doctrine fondée sur l’expiation, la délivrance du mal, l’innocent payant pour le coupable, et la Rédemption par le sacrifice de la Divine Victime. »

Distinguant, comme Origène, la Rédemption générale de la rédemption particulière des Martyrs, Joseph de Maistre en note le caractère universel, parfois maladroit dans certaines formes traditionnelles du paganisme mais qui pointent finalement toujours vers la possibilité d’une Réintégration. Il veut rendre vivant le mystère en redonnant au dogme sa fonction, celle-ci n’étant jamais « raisonnable » puisque relevant d’un autre ordre, divin, le dogme se faisant écho d’une transcendance.

Editions Signatura, Le Défens F – 84750 St Martin de Castillon, France.