mercredi 29 mai 2013

Clavicule de Salomon


Clavicula Salomonis. La Clavicule de Salomon d’après des Manuscrits des 17e et 18e siècles, éditée et commentée par Fred MacParthy, collection Grimoires, Sesheta Publications.

La Clavicule de Salomon (on parle souvent des clavicules) circula depuis le XVe siècle sous bien des versions, certaines divisées en deux parties, d’autres en quatre, certaines avec pentacles ou talismans, d’autres sans. Toutes sont dites « traduites de l’hébreu » mais ne peuvent être considérées comme référées strictement et rigoureusement à la kabbale ou même plus généralement aux sources hébraïques. L’influence de la kabbale chrétienne de la Renaissance semble par contre incontestable. Les erreurs ne manquent pas dans ces diverses versions, par exemple dans l’emploi des noms divins hébreux.

Cette nouvelle édition est basée sur plusieurs manuscrits français de la version du XVIe siècle, dite d’Abraham Colorno, qui fut un temps conservée à la Bibliothèque de l’Arsenal avant de rejoindre la Bibliothèque Nationale (BN 2348). Les sceaux, les caractères, les dessins, proviennent de ces manuscrits complétés par la version publiée par Samuel Liddel Mathers. Les pentacles sont issus d’un autre travail de Mathers publié sous le titre « The key of Salomon the King ». Fred MacParthy a corrigé les erreurs des éditions anciennes. Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage les références des différents manuscrits et le lieu de leur conservation.

Cette version sera donc particulièrement intéressante pour ceux qui ont reçu la transmission de la Clavicule de Salomon ou qui, plus généralement, s’intéressent à la magie salomonienne.

Sesheta Publications, 2 bis rue Damiette, 76000 Rouen, France.

samedi 18 mai 2013

Maître Secret



Le Maître Secret ( III), ses prolongements, de Percy John Harvey, MdV Editeur.

Le premier volet de ce triptyque, consacré au premier et si important des hauts grades du Régime Ecossais Ancien et Accepté, étudiait le symbolisme du grade. Le deuxième volet explorait l’élévation à ce quatrième degré. Avec le troisième volet, Percy John Harvey s’intéresse aux prolongements d’un grade « qui peut être vu comme un degré d’introduction au cycle salomonien » en même temps que le premier des grades de Perfection. Son analyse porte donc sur le 5ème degré, Maître parfait, le 6ème, Secrétaire intime ou Maître Anglais, le 7ème, Prévôt et juge ou Maître Irlandais, et le 8ème, Intendant des Bâtiments ou Maître Irlandais des Trois Iod.

La structure de l’analyse basée notamment sur une iconographie choisie est la même pour les quatre grades : Le Discours Historique du grade ou le thème allégorique, la Loge, le Tableau de Loge, L’emblème du grade, les personnages, les décors, la cérémonie, la symbolique du grade, l’instruction. Comme dans les précédents volumes, Percy John Harvey évite les longs développements pour ne pointer que l’essentiel soit par les mots, soit par l’image. Il donne « à voir » pour donner « à penser ». Ici, la pédagogie ne tue pas l’esprit de queste.

MdV Editeur, 16 bd Saint-Germain, 75005 Paris, France.

vendredi 10 mai 2013

Hermétisme rosicrucien


Cent emblèmes sacrés ou emblèmes rosicruciens (1617-1674) par Daniel Cramer, Sesheta Publications.

          Publié pour la première fois en 1617, ce recueil portait le sous-titre Societas Jesus et Rosae Crucis Vera soit Vraie Société de Jésus et de la Rose-Croix, une manière de se démarquer de la Société de Jésus d’Ignace de Loyola que l’auteur attaqua par ailleurs. Mis au jour par Adam Mc Lean en 1991, ce recueil  est « typique des aspects ésotériques chrétiens de la Réforme, mélange de la foi des Rose-Croix de cette époque, du protestantisme et du piétisme alors en vogue ». La double dimension, mystique et alchimique, des emblèmes superbes rassemblés ici met en évidence l’alliance de l’art et de la grâce dans la réalisation du Grand-Œuvre.

 

Le Miroir de la Sagesse des Rose-Croix de Theophilus Schweighardt Constantiensem, Sesheta Publications.

          Ce Speculum Sophicum Rhodo-Stauroticum fut rédigé par Daniel Mögling, de son vrai nom, en 1617. Il fait partie du corpus rosicrucien du XVIIème siècle qui va bien au-delà des grands textes fondateurs connus de tous. Médecin et alchimiste, proche du Cercle de Tübingen, il fréquenta Johannes Valentin Andreae et Christoph Besold. Il semble être le premier à utiliser le terme de Pansophia dans une réplique, Rosa Florescens, à une attaque contre les Frères de la R.C..

          Le livre est un traité hermétiste très alchimique, et plus spécifiquement relatif aux alchimies métalliques, dans lequel l’auteur introduit les précieuses notions d’Ergon et de Parergon. Sa Pansophia Rhodo-Staurotique révèle quelques clés du travail opératif comme de la métaphysique rosicrucienne.

Sesheta Publications, 2 bis rue Damiette, 76000 Rouen, France.


 

samedi 4 mai 2013

Orient Eternel : Sebastiano Caracciolo


Sebastiano Carraciolo, Grand Hiérophante et Souverain Grand Maître du Grand Sanctuaire Adriatique et plus précisément de l’Antico e Primitivo Rito Orientale di Misraïm et Memphis nous a quittés pour l’Orient Eternel le 4 avril 2013.

 

Avec lui, c’est la génération des Robert Ambelain et Robert Amadou qui disparaît définitivement, de ceux qui ont poursuivi les travaux pendant la deuxième guerre mondiale et qui se sont battus leur vie durant pour une Franc-maçonnerie traditionnelle et hermétiste dans des contextes souvent hostiles. Il avait succédé à la Grande Hiérophanie du rite égyptien à de grandes figures de l'hermétisme italie : Marco Egidio Alegri, Ottavio Ulderico Zazio et Gastone Ventura.


 

Il est moins connu que Sebastiano Caracciolo était également le Grand Maître de l’Ordre Martiniste italien.

Il aura marqué de sa personnalité la vie de ces deux organisations traditionnelles essentielles sur la scène initiatique européenne. L’Ordre Martiniste italien est en effet l’un des seuls ordres martinistes ayant travaillé sans interruption depuis sa fondation à l’époque de Papus. Le Grand Sanctuaire Adriatique conserve pour mission la préservation et la transmission de l’Echelle de Naples. La succession de Sebastiano Caracciolo sera donc déterminante. Ces deux organisations peuvent, doivent, affirmer le caractère immuable de la Tradition dans un temps de confusion qui voit le profane cannibaliser le sacré.

Lien vers la revue du Grand Sanctuaire Adriatique consacrée à Sebastiano Caracciolo :

dimanche 28 avril 2013

Irène Mainguy, La Franc-maçonnerie clarifiée pour ses initiés. Sur les pas d'Oswald Wirth


La Franc-maçonnerie clarifiée pour ses initiés, le Maître par Irène Mainguy, Editions Dervy.

Après l’Apprenti et le Compagnon, Irène Mainguy achève, avec ce troisième volume consacré au Maître, sa trilogie inscrite dans les pas d’Oswald Wirth sous le titre La Franc-maçonnerie clarifiée pour ses initiés. Cette trilogie révisée de l’œuvre célèbre de Wirth, La Franc-maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, constitue désormais une référence indispensable pour faire vivre les symboles et saisir l’opérativité de rites qui demeurent souvent incompris et non mis véritablement en œuvre.

Irène Mainguy a développé une analyse très fine des écrits d’Oswald Wirth afin de les enrichir par les apports nombreux des dernières décennies de la recherche maçonnique mais aussi par sa connaissance intime de l’initiation qui lui permet de mettre en évidence l’essentiel et d’éviter ainsi au chercheur des éparpillements tentateurs. Dans ce troisième livre, elle approfondit la symbolique du grade de Maître et ce qu’il met en jeu, de fondamental, dans la queste initiatique autour de la question philosophique, éthique et métaphysique que formule ainsi Georges Steiner : « Qui suis-je quand je meurs ? », avec bien sûr en fond, le thème de l’immortalité.

« La pleine possession de la maîtrise maçonnique n’est accessible qu’en vivant un rituel de mort. Celle-ci donne accès à la pérennité de l’esprit, à l’immortalité. Tout être est dans une parenthèse entre la naissance et la mort. Nul ne peut prétendre à une vie éternelle sans avoir préalablement et consciemment accepté de subir pour la surmonter la pourriture du corps et l’obscurité de la tombe. Lorsqu’il est dit que « la chair quitte les os », cela signifie que le voile des apparences a disparu, qui masquait la lumière de la réalité et de la vérité. Désormais seule subsiste la pérennité de l’être. (…)

Se libérer des apparences, c’est accéder à la pérennité de l’esprit et s’affranchir de toutes formes de servilité, d’obséquiosité, d’hypocrisie, de compromissions, d’orgueil du pouvoir, et des vanités de l’avoir. »

En quelques mots, Irène Mainguy inscrit la Franc-maçonnerie dans l’universalité des voies d’éveil, lui restituant tout son sens initiatique, perdu de vue par la majorité. S’extraire de l’avoir et du faire, s’affranchir de l’apparaître, reconnaître la nature vide du moi, simple objet dans la conscience, laisser libre la place pour l’être…

« La tombe d’Hiram, précise-t-elle, peut être considérée comme un athanor dans lequel s’accomplit l’œuvre alchimique. En alchimie, lorsque la phase de corruption est arrivée à son terme, elle libère le germe vivificateur et donne naissance à un nouvel être. »

La maîtrise devrait être une sagesse. Il n’est pas anodin de croiser Marc-Aurèle dans les pages de ce livre.

« L’approfondissement de la maîtrise passe avant tout par la connaissance de soi, ce qui nécessite de cerner et d’analyser la nature de ses conditionnements et les mobiles de son action. Cela demande d’être capable de se défaire de toute forme de partialité et de subjectivité pour être apte à tendre, en toute chose, vers une réelle objectivité.

Une authentique maîtrise de soi conduit à une libération de la pensée par une élévation de l’esprit vers la Lumière et la Vérité, ce qui perfectionne le comportement. C’est l’amour du Bien, du Beau, du Vrai et du Juste qui permet de progresser vers cette ineffable Lumière, celle de son maître intérieur, que chacun doit pouvoir trouver en soi.

Lawrence Hamilton considère qu’au grade d’apprenti, l’homme passe des ténèbres à la lumière : c’est créer. Au grade de compagnon, il apprend à se servir des instruments du travail matériel et moral : c’est diriger. Enfin au grade de maître, il applique la connaissance à sa propre perfection : c’est vivifier. »

Le travail rigoureux d’Irène Mainguy, qui sait laisser la place à la dimension poétique, c’est-à-dire créatrice, de la fonction initiatique, établit un dialogue fécond entre le rituel et la légende, ouvrant ainsi les espaces intérieurs que tout Franc-maçon est invité à explorer.

Editions Dervy, 19 rue Saint-Séverin, 75005 Paris, France.

vendredi 26 avril 2013

La Clé d'or de Jean-Marc Vivenza


La Clé d’or et autres écrits maçonniques de Jean-Marc Vivenza, Editions de l’Astronome.

L’édition de ce petit livre qui tient dans la poche et qui peut ainsi nous accompagner au jour le jour est l’occasion de s’éloigner des polémiques stériles des derniers mois qui secouent les différentes composantes du Régime Ecossais Rectifié, dont l’auteur est un acteur incontournable.

Cet ouvrage propose un ensemble de textes réunis par l’auteur comme un parcours initiatique aléatoire au sein du courant illuministe. Ces travaux sont avant tout pour le lecteur une source de questionnement et d’approfondissement de son rapport au divin en tant qu’homme de désir, de sa queste de la « Clé d’or de l’esprit ».

Dans son introduction, Jean-Marc Vivenza insiste sur la nécessité du silence, préalable à l’initiation et permanence de l’initiation :

« Ne l’oublions pas, avant que de nous immerger dans ces pages, le silence transcende comme la nuit toute image, il est le prélude à tout commencement et à tout aboutissement de l’œuvre, de même que l’oiseau qui prend son souffle et régénère sa vie avant le lever du soleil en est le symbole, il borne le chemin de la remontée à l’évidence, il est recueillement et attention, attente et écoute approfondie ; se donnant comme une « Présence », il est à la fois la source première et terre natale par excellence de la pensée essentielle, le fond originel d’où elle provient, nous donnant de comprendre pourquoi faut-il, pour qu’il puisse éclore en son retrait, que se déchire le voile qui le dérobe habituellement à notre conscience préoccupée par le monde. »

Et de citer Louis-Claude de Saint-Martin :

« Ce n’est que dans le calme de notre matière que notre pensée se plaît ; ce n’est que dans le calme de l’élémentaire que le supérieur agit. Ce n’est que dans le calme de notre pensée que notre cœur fait de véritables progrès ; ce n’est que dans le calme du supérieur que le divin se manifeste. »

Cette hiérarchie ascendante du calme, qui évoque une théophanie du Silence, est une indication précieuse de l’axialité dont nous ne saurions nous éloigner sans tomber dans le bruit dont Saint-Martin tenait à se garder.

L’interrogation ontologique des apparences, de l’Apparaître-même, est au coeur du propos développé par l’auteur. A partir de la question fondatrice que se pose l’être humain confronté à sa relativité, l’incertitude quant à son existence, la réalité de celle-ci, son sens éventuel, Jean-Marc Vivenza explore les possibilités qui s’offrent à nous pour accéder à une libération dont nous avons soif, peut-être par pressentiment, peut-être par une trop grande souffrance devant « un abîme troublant non comblé et irrémédiablement ouvert ». L’interrogation comme voie initiatique – Le cheminement spirituel – La nature des ténèbres – La « science de l’homme » par excellence – Voyez-vous tels que vous êtes – Misère de l’homme au monde – « Memento mori » - L’enseignement de la vertu – Faites place à « l’esprit » - La Clé d’or, titres des textes rassemblés, constituent une indication sur cette exploration à laquelle le lecteur est invité, une exploration qui peut être aussi entendue comme un « transport » :

« Revêtu de l’essentiel, comme l’affirme le Philosophe inconnu, l’homme est transporté dans le séjour de la lumière : « l’homme né pour l’esprit, ne peut jouir de l’esprit qu’en commençant à se faire esprit ; à cette fin, lorsqu’il est prêt, la sagesse le transporte dans le séjour de la lumière où il a pris son origine. »

Que nous délivre comme enseignement cet extraordinaire « transport » ?

Tout d’abord notre identité de nature avec l’esprit ; se faire esprit étant en fait se rendre peu à peu capable d’esprit.

Mais ce transport a pour vertu de nous révéler, également, un certain nombre de lois métaphysiques, dont une que nous pourrions désigner comme étant centrale et qui porte sur le sens profond de la vérité dans son déploiement. Ce transport d’une nature tout à fait surprenante, débouche en réalité sur une clé, une « Clé d’or » capable d’ouvrir la porte du mystère dissimulé depuis l’origine des choses, à savoir celui de notre véritable nature, notre origine première, l’identité essentielle qui nous fonde ontologiquement et en vérité, que nous avons à retrouver par la mise en œuvre du processus de réintégration. »

Cette clé, qui relève de « ce qui demeure », du non-temps, du non-duel, invite à une métaphysique du cœur, du centre, de l’intime, du lieu de la « Présence ».

Ce cheminement autour de la Clé d’or est enrichi de trois appendices, plus maçonniques dans la forme : De l’Être à l’ « Être Suprême »maçonnique – L’illuminisme et la Franc-maçonnerie – L’essence du christianisme transcendant, et d’un bref mais utile glossaire.

Éditions de l'Astronome, L'Étoile D, 9 avenue du général de Gaulle,74200 Thonon les bains, France.

dimanche 10 février 2013

Traité d'Or de la Pierre du Philosophe


Traité d’Or de la Pierre du Philosophe, Tractatus Aureus de Lapide Philosophorum par un Philosophe Anonyme 1652, présenté par Fred MacParthy, Sesheta Publications.
Henricus Madathanus, né à la fin du XVIème siècle ou au début du XVIIème fut un membre éminent de la Fraternitate Aureae et Roseae Crucis divisée en un ordre mineur, les Fratres Roseae Crucis, et un ordre majeur, alchimique et théurgique, les Fratres Aureae Crucis. Le traité publié aurait fait partie des instructions de l’ordre majeur. Il faut repris au XVIIIème siècle par l’Ordre des Rose-Croix d’Or d’Ancien Système pour l’ouvrage bien connu Les symboles secrets des rosicruciens du XVIIème et XVIIIème siècle. Le manuscrit original se trouve à la Bibliothèque Ritmann d’Amsterdam.
L’imaginaire du Jardin, « cher à la tradition rosicrucienne » précise Fred MacParthy, est très présent dans le Traité d’Or de la Pierre du Philosophe. Un second texte complète ce traité, intitulé Aureum Seculum Redivivum, Le siècle d’Or Restauré. « Les deux ouvrages, annonce Fred MacParthy, font ici le pendant, car l’un exprime la pratique et ses voies, tandis que l’autre, expose par l’allégorie, la voie employée par l’auteur. »
Le propos est pratique et classique de la tradition rosicrucienne. On retrouve procès, allégories et symboles dans d’autres textes de ce courant hermétiste majeur.
« Au Nom de Dieu, j’allais plus avant dans le jardin et trouvai en son milieu un petit jardin de forme carrée mesurant six perches sur chacun de ses côtés. Il était couvert de rosiers sauvages et les roses y fleurissaient merveilleusement. Et comme il avait plu un petit peu et que le soleil brillait, il y avait un bel arc-en-ciel.
Lorsque j’eus quitté le petit jardin et atteint l’endroit où je devais aider les jeunes filles, je remarquai qu’au lieu des murs il y avait une barrière entrelacée basse, et une très belle jeune fille vêtue de satin blanc traversa le jardin avec un splendide jeune homme, l’un guidant l’autre par le bras et portant plein de roses odorantes dans les mains. »
Sesheta Publications, 2 bis rue Damiette, 76000 Rouen, France.