dimanche 16 mai 2010

Carnets d'un Elu Coën

L’idée du culte dans le Traité de la Réintégration de Martinès de Pasqually et son enseignement par Georges Courts, Collection Carnets d’un Elu Coën, CIREM.
C’est une grande joie de retrouver la collection des Carnets d’un Elu Coën, initiée et voulue par Robert Amadou, avec ce texte de Georges Courts qui considère ici l’idée du Culte Primitif, que Robert Amadou a brillamment décelée chez Martines de Pasqually avant de la développer. Georges Courts considérait d’abord que n’apparaissait pas chez Martines de Pasqually de Culte Primitif en tant que tel. Les débats, nécessaires, à la fois sur le plan de la théorie et sur celui de la pratique opérative, devaient conduire à une investigation systématique de l’oeuvre de Martines.
En effet, cette idée de Culte Primitif, sous d’autres appellations, se retrouvent en d’autres rites ou traditions. Nous penserons, pour rester dans l’illuminisme, au rite swedenborgien, entre autres. Il y aurait un culte premier dont les autres ne seraient que la projection ou la répétition, ou encore la célébration. Les rites « seconds », ou dérivés, devraient donc être traversés pour rejoindre ce Culte Primitif. De ce point de vue, ils seraient donc bien des rites de passage, de la forme au non forme, du duel au non-duel.
Georges Courts a donc fait l’effort de reprendre l’oeuvre de Martines de Pasqually pour relever, annoter et commenter toutes les références à ce qui pourrait s’apparenter à l’idée-force d’un Culte Primitif. Travail important et passionnant.
Chacun, simple lecteur ou pratiquant de la théurgie si particulière de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, trouvera dans les pages qui suivent matière à se forger sa propre idée ou expérience du culte.
Huit Euro port compris.
CIREM, BP 08, 58130 Guérigny-France.

mardi 11 mai 2010

L'Esprit des Choses italien

L’Esprit des Choses, Nouvelle Série, en langue italienne, n°2.
L’Esprit des Choses est de nouveau disponible en langue italienne dans une formule totalement nouvelle, sous la direction de Giancarlo Tumiati et Ennio Junior Pedrini.
Sommaire du n°2 : Editoriale, Spirito di ecumenismo – Omagio a Robert Amadou di Serge Caillet – Ieschouah, Grande Architetto dell’Universo – Etica e iniziazione – Saggio di tipologia delle Società segrete – Cabala 144 domande di Ibny Joshai.
Ass. Esprit des Choses, via Vittorio Emanuele 69, 11020 Bard (Ao) Italia.
Espritdeschoses@gmail.com

jeudi 1 avril 2010

Bêtise conspirationniste

Conspirationnisme, plagiat et bêtise


Un lecteur portugais m’a récemment signalé que l’un de mes articles, Typologie des sociétés secrètes, publié dans L’originel n°2 en 1995, repris partiellement dans mon ouvrage La Franc-maçonnerie comme voie d’éveil, publié chez Editinter et Rafael de Surtis, avait été intégré mot pour mot dans un livre douteux, disponible seulement sur la toile, consacré au marronnier des « sociétés secrètes qui mènent le monde ».
Le plagiaire, Romy Nolan, dans un e-book gratuit, nécessairement antidaté, intitulé Les grandes conspirations de notre temps, a en effet repris la totalité de l’article de L’Originel, sans guillemets et sans en indiquer la source. Nous ne sommes ni dans le cas courant de la citation non indiquée, ni dans le cas de l’erreur fortuite, mais bien dans celui d’un plagiat caractérisé.
Ce n’est certes pas la première fois que cet article est publié sans autorisation sur le web. Jusqu’alors, il fut toujours repris, avec plus ou moins de pertinence, en indiquant l’origine et l’auteur de l’article. Mais, cette fois, il s’agit d’une pure et mesquine appropriation et surtout d’un détournement de sens.
L’enjeu est en effet bien moins la question des droits d’auteur que celle du sens, ou plutôt du contre-sens, induit tant par l’orientation de Romy Nolan que par les lieux de publication de l’e-book concerné, de ses supports, voire de ses suppôts. Les droits d’auteur ne sont d’ailleurs qu’une préoccupation relativement récente. C’est Gustave Flaubert qui s’est employé à la reconnaissance de ses droits. En Orient, il fut longtemps admis qu’un auteur puisse reprendre la totalité d’un texte pour le prolonger, le compléter, le bonifier. Le plagiat intellectuel, voire « psychique » dit Camille Laurens, fait partie de la vie et de la dynamique créatrice des idées et de la littérature. David Shields, auteur d’un livre dérangeant, Reality hunger, dessine les contours d’une nouvelle littérature capable d’autoengendrement. « Le génie emprunte noblement » dit-il.
Avec le texte de Romy Nolan, pseudonyme probable d’une personne ou d’un groupuscule, point de prolongement, point de développement, point d’enrichissement, point de génie, loin s’en faut. Juste une plongée dans la médiocrité. Le texte de Nolan appartient en effet à la « littérature », Gurdjieff parlerait de « merdicité », dite conspirationniste. Il est construit par amalgame d’informations, justes ou erronées, glanées ici et là, de raccourcis et d’opinions infondées. Il n’est pas impossible d’ailleurs que d’autres parties de l’ouvrage de Nolan soient également le fruit d’un plagiat.
Le thème, récurrent, que ne néglige pas la grande presse quand il s’agit de faire remonter les ventes, est connu depuis des décennies : des sociétés secrètes au service d’une caste politico-financière apatride conduit les destinées du monde. L’ouvrage de Romy Nolan est notamment disponible sur des sites conspirationnistes divers. Nombre de ces sites juxtaposent, sciemment pour la plupart, des livres plus ou moins intéressants portant sur la tradition avec des textes d’auteurs résolument antisémites, ou, par exemple, des écrits du mouvement Sodalitium (mouvement catholique intégriste, qui dénonce le complot judéo-maçonnico-sataniste, auprès de qui Mgr Lefèvre passait pour un progressiste,) et, pire encore, des textes d’Adolf Hitler.
Le conspirationnisme, de plus en plus présent sur la toile, est une nourriture destinée de préférence aux antisémites, antimaçons, racistes et extrémistes les plus divers, sans parler de certains ufologistes délirants. Ce courant se renouvèle régulièrement et resurgit dans les périodes d’incertitude Ces dernières années une absurdité de plus est venue pimenter le montage nauséabond, celui des « reptiliens » sur lequel il est inutile de s’étendre. Voyez les ouvrages très populaires outre-Atlantique de David Icke.
Au cœur du « complot » se trouverait les « Supérieurs Inconnus », ou les « 72 » ou encore les « illuminati ». L’ignorance et la peur constituent la matière des thèses conspirationnistes. L’immaturité structure cette matière en sombre rancœur. La Franc-maçonnerie s’est laissé d’ailleurs fasciner également par le mythe des « Supérieurs Inconnus », dès le milieu du XIXème siècle, alimentant ainsi elle-même les thèses de ses adversaires. Chacun sait aujourd’hui, ou peut aisément savoir, que l’expression « Supérieur Inconnu », grade martiniste bien connu, symbolise le Soi auquel l’ego doit laisser toute la place, ou l’être engagé dans le chemin de l’individuation qui conduit à la réalisation du Soi.
Si les thèses conspirationnistes sont reconnues pour ce qu’elles sont, une logorrhée misérable, par le plus grand nombre, elles peuvent se révéler toxiques pour les plus fragiles. Une certaine vigilance s’impose pour éviter leur banalisation. L’institut de recherche Political Research Associates a publié en juin 2009 un rapport très complet sur la résurgence et le développement outre-Atlantique des théories du complot et de l’antisémitisme. Ces théories ne sont pas étrangères à l’Europe et à la France, songeons à Thierry Messyan et au Réseau Voltaire qui s’en sont fait l’écho. Le rapport Toxic to democracy est disponible sur le site internet www.publiceye.org

Les ridicules délires des conspirationnistes, d’un conformisme navrant et vulgaire, servent ce qu’ils croient combattre, la tendance naturelle des êtres humains à se coaguler autour d’intérêts communs particuliers contre l’intérêt public et général. Par contagion, ils peuvent jeter le doute sur tous les légitimes combats libertaires, dont celui de l’initiation, libertaire par essence.


Rémi Boyer

vendredi 12 mars 2010

Rose Croix


Sous le Voile d’Elias Artista de Rémi Boyer, Contribution et illustrations de Lima de Freitas, Postface de Manuel Gandra.
Nouveau titre de la collection L’Esprit des Choses, née de la collaboration entre le Centre International de Recherches et d’Etudes Martinistes et les Editions Rafael de Surtis, cet essai est le troisième et dernier volet d’un triptyque formé de La Franc-maçonnerie comme voie d’éveil et de Masque, Manteau, Silence, le Martinisme comme Voie d’Eveil, du même auteur.
Cet ouvrage s’attache à distinguer l’Initiation au Jardin, à laquelle se rattache la Rose-Croix, de l’Initiation dans la Cité, à laquelle se rattache la Franc-maçonnerie. Cette distinction, qui n’est pas une opposition, indique une articulation, et un chemin possible, entre l’expérience duelle de l’initiation et la conscience non-duelle caractéristique d’Elias Artista et de son insaisissabilité. Pour la première fois, sont publiés des éléments de traditions orales qui illustrent la permanence de courants d’une Rose-Croix méditerranéenne, davantage orphique que prométhéenne, poïétique que pragmatique. Elle n’en est pas moins subtilement opérative et porteuse des arcanes majeurs de l’alchimie interne. Lima de Freitas, dans un texte magnifique, explore le mythe fondateur de Christian Rosenkreutz et en éclaire certains mystères. Enfin, l’ouvrage se clôt par un conte chevaleresque et alchimique, les Mémoires de Rossinante, une plongée contemporaine et traditionnelle dans le célèbre Don Quichotte de Cervantès. Ce conte sert notamment à l’interrogation des candidats sur la voie du Cinabre interne et externe.
Sommaire : La Rose-Croix comme voie d’éveil, une Tradition orale par Rémi Boyer : Introduction mystérique - Initiation au Jardin et Initiation dans la Cité - La Voie à suivre Seul - La Voie d’Elias Artista - La Géométrie Supérieure des Constructeurs - Fernando Pessoa et le tombeau de Christian Rosenkreutz par Lima de Freitas - Les Mémoires de Rossinante par Rémi Boyer. Postface de Manuel Gandra.
22 Euro, franco de port. Editions Rafael de Surtis, 7 rue saint-Michel, 81170 Cordes sur Ciel.

samedi 13 février 2010

L'Esprit des Choses italien

L’Esprit des Choses, Nouvelle Série, en langue italienne.
L’Esprit des Choses est de nouveau disponible en langue italienne dans une formule totalement nouvelle, sous la direction de Giancarlo Tumiati et Ennio Junior Pedrini.
Sommaire : Editoriale, Cli ideali un contributo – Storia moderna, Massoneria di frangia e l’influenza martinista, intervista con Serge Caillet – Kabala, Il triplice significato dell’alfabetoebraico – Libri consigliati – Le interviste possibili, « La vera vito in Christo » per la Chiesa Evangelica – Approfondimento, Chi erano gli gnostici ?
Ass. Esprit des Choses, via Vittorio Emanuele 69, 11020 Bard (Ao) Italia.
Espritdeschoses@gmail.com

Rencontres martinistes

Le 13 mars 2010, l'Association de la Société Savante Amicale organise en partenariat avec la Librairie la Table d'Hermès les premières rencontres martinistes ouvertes et publiques sur le thème Martinisme & Franc-maçonnerie. Intervenants : Roger Dachez, Martinisme et Franc-Maçonnerie, un flirt de la Belle Epoque et Franc-Maçonnerie et Martinisme au XXIe siècle, mariage ou divorce ? - Jean-François Var, Louis-Claude de Saint-Martin ami du Christ - Jean-Marc Vivenza, Louis-Claude de Saint-Martin et la Franc-Maçonnerie au XVIIIe siècle. http://assa1.canalblog.com/

mercredi 6 janvier 2010

Les Maîtres de l'Eveil. Collection

Serge Caillet lance avec les Editions Signatura une belle collection intitulée Les Maîtres de l’Eveil. Les deux premiers titres sont consacrés à deux figures de l’hermétisme et de l’illuminisme, Dom Antoine-Joseph Pernéty et Martines de Pasqually.
Après une introduction synthétique replaçant l’homme et l’oeuvre dans leurs contextes historiques, culturels et religieux, Serge Caillet a sélectionné avec soin un ensemble de textes, certains étaient devenus introuvables, afin d’introduire le lecteur aux différentes facettes d’oeuvres aussi riches que complexes.

Martines de Pasqually, le théurge de Bordeaux, textes choisis et présentés par Serge Caillet, Editions Signatura.
La personne de Martines de Pasqually (1710 ? – 1774) reste et restera probablement une énigme tant on sait peu de choses de ses origines et de ses sources. De son oeuvre et de son ordre, l’Ordre des Chevaliers maçons Elus Coëns de l’Univers, on sait au contraire beaucoup aujourd’hui notamment grâce au travail acharné de Robert Amadou.




Le choix de textes proposé permet d’approcher l’oeuvre de Martines de Pasqually sous une double entrée, celle de la théosophie, celle de la théurgie. Bien qu’inachevés à la mort de Martines, l’ordre et l’oeuvre, qui se confondent, n’en présentent pas moins une grande cohérence. Si la forme de l’ordre est maçonnique, pour des raisons organisationnelles et stratégiques, la finalité est nettement sacerdotale. La doctrine martinésienne et sa vérification théurgique apparaissent d’emblée comme d’une grande exigence. Il est finalement étonnant que l’ordre et la doctrine trouvent encore à se perpétuer aujourd’hui, dans un monde de vitesse et de facilité.
Les textes rassemblés permettent de mieux cerner ce qui est spécifique de ce courant, ce qui le distingue à la fois du catholicisme et de la kabbale, ce qui fonde l’illuminisme. L’ouvrage débute avec des extraits du Traité sur la réintégration des êtres, ouvrage fondamental. Puis il aborde la définition de l’esprit, de l’intellect et de l’âme, chez Martines. Des extraits de lettres traitent notamment des nombres et de leur symbolique. Le chapitre « Franc-maçonnerie » propose plusieurs documents assez connus : Réception d’apprenti, Catéchisme de maître élu coën, Explication secrète du catéchisme d’apprenti, compagnon et maître coëns. Enfin, la dernière partie traite de la théurgie avec trois lettres précieuses à Jean-Baptiste Willermoz dans lesquelles Martines donne une série d’instructions et de conseils pour la pratique théurgique. Les trente-cinq articles des Statuts secrets des réaux-Ccroix et les longues invocations des Travaux d’équinoxe complètent l’ensemble.
Cet ouvrage sera l’occasion de découvrir la valeur, mais aussi la grande difficulté, de l’une des rares voies réelles offertes par l’Occident. Le lecteur devra savoir passer outre le langage lourd du XVIIème siècle pour accéder à la légèreté lumineuse des coëns. Pour d’autres, ce sera une nécessaire révision.

Dom Antoine-Joseph Pernéty, Théosophe et alchimiste, textes choisis et présentés par Serge Caillet, Editions Signatura.
Voici encore un être d’une rare complexité, d’une intelligence subtile qui laissa une empreinte majeure bien que trop ignorée, sur l’hermétisme. Dom Antoine-Joseph Pernéty (1696-1777), alchimiste, philosophe et théosophe resta catholique sa vie durant ce qui n’était pas sans risque et sans contradiction interne à cette époque.






De Pernéty, c’est sans doute l’alchimiste qui est le plus intéressant mais il ne faudrait pas réduire son oeuvre à l’alchimie même si son Dictionnaire mytho-hermétique demeure une référence. Entre le laboratoire et la méditation, cet érudit, grand voyageur, n’aura de cesse d’approfondir une pensée qui concilie la pratique opérative et la vision mystique, notamment celle d’Emmanuel Swedenborg pour qui Pernéty a une grande admiration. Il animera certains cercles de grande valeur dont celui connu aujourd’hui comme les « illuminés d’Avignon ».
Il fut le premier et le plus mauvais traducteur de Swedenborg, non par incompétence mais par souci de concilier la doctrine de Swedenborg avec son catholicisme, conciliation impossible. Grâce à lui cependant, Swedenborg connu un certain rayonnement en France. Enfin, il développera une mariologie originale.
Ce sont tous ces aspects, ces expériences dont rend compte Serge Caillet par un choix judicieux d’extraits de textes et de documents divers : Les Fables égyptiennes et grecques dévoilées (1758), extraits – Dictionnaire mytho-hermétique (1758), extraits – lettre à l’abbé Vollain à propos de Nicolas Flamel (1762) – Journal historique d’un voyage aux îles Malouines (1769), extraits – L’Amérique et les Américains (1770), extraits – Discours sur les tempéraments (1777), extraits – Questions à la sainte parole (1779-1780), extraits – Préface à Swedenborg – Vertus de Marie (1790), extrait.
Editions Signatura, Abbaye de Maubec, 26200 Montélimar, France.
http://www.signatura.fr/