mercredi 22 décembre 2010

L'Esprit des Choses italien

L’Esprit des Choses, Nouvelle Série, en langue italienne, n°4.
L’Esprit des Choses est de nouveau disponible en langue italienne dans une formule totalement nouvelle, sous la direction de Giancarlo Tumiati et Ennio Junior Pedrini.
Sommaire du n°4 : Ce numéro est tout entier consacré à L'Homme-Dieu : Traité des deux natures, suivi de "Le Mystère de la Trinité" selon Louis-Claude de Saint-Martin de Jean-Baptiste Willermoz. Vous y trouverez la traduction intégrale du texte en italien, accompagné d’une présentation par le comité de rédaction.
Ass. Esprit des Choses, via Vittorio Emanuele 69, 11020 Bard (Ao) Italia.
Espritdeschoses@gmail.com

samedi 23 octobre 2010

Spiritualité Syriaque

Isaac de Ninive, Connaissance des Pères de l’Eglise, n°119, trimestriel septembre 2010, revue publiée avec le concours du Centre National du Livre, Nouvelle Cité Editions.
Sommaire : Editorial de Marie-Anne Vannier – Isaac de Ninive par Sebastian Brock – Solitude, humilité et souvenir de la mort. Quelques éléments de la doctrine ascétique d’Isaac de Ninive par Hilarion Alfeyev – L’importance du corps dans la prière selon l’enseignement d’Isaac de Ninive par Sabino Chialà – La dette d’Isaac de Ninive envers Evagre le Pontique par Paul Géhin – Le couvent de Rabban Shapour et le renouveau monastique en Perse de Florence Jullien.
Isaac de Ninive tient une place importante non seulement dans la spiritualité syriaque, si chère à Robert Amadou, ou plus largement dans l’Eglise d’Orient, mais dans le christianisme en général. Son enseignement s’appuie sur la tradition évagrienne et sur la tradition macarienne. Il concilie ainsi une approche intellectuelle et une approche existentielle.
Mgr Hilarion Alfeyev, métropolite de Volokolamsk, met en évidence la place de l’humilité dans la pensée et la vie d’Issac, ascète qui ne rejetait pas le monde. Il rappelle que « L’humilité chrétienne est d’abord la confiance en Dieu, la défiance de soi, le sentiment d’être indigne et sans défense, ainsi que celui de la présence du Saint-Esprit caché dans les profondeurs du cœur. » Il cite Isaac :
« Un homme humble ne se précipite jamais, il n’est pas pressé ni troublé, il ne s’échauffe pas ni ne s’abandonne à des pensées emballées, mais il demeure toujours calme. Même si le ciel devait tomber sur terre, l’homme humble n’en serait pas ému. Tous les gens paisibles ne sont pas humbles, mais tous les gens humbles sont paisibles,… car un homme humble est toujours au repos, et rien ne peut agiter ou secouer son esprit. Comme personne ne peut faire peur à une montagne, ainsi personne ne peut faire peur à l’esprit de quelqu’un qui est humble. »
L’auteur de l’article insiste également sur le thème ascétique classique du souvenir de la mort et sur le sens de la vie terrestre : « L’idée majeure de la doctrine du salut d’Isaac, souligne-t-il, consiste en ceci : l’issue de l’histoire humaine doit correspondre à la grandeur de la Trinité, le sort ultime de l’homme doit être digne de la miséricorde de Dieu. ». Il cite de nouveau Isaac : « … je pense que le Glorieux créateur a l’intention de montrer l’aboutissement et l’action admirable de sa grande et inexplicable miséricorde, en ce qui concerne les lourds tourments établis par lui, afin que, grâce à eux, la richesse de son amour, sa puissance et sa sagesse, soient encore davantage révélées, ainsi que la vigueur foudroyante des effluves de sa bonté. ». Solitude, humilité, souvenir de la mort, grâce, davantage que quelques jalons ou valeurs, constituent bien une opérativité pour l’ascète.
Sabino Chialà s’intéresse au corps chez Isaac, notamment dans son rapport, métaphorique et opératif, à la cellule monastique :
« Qu’est donc le corps ? Qu’est donc la cellule ? Rien que des lieux, nous l’avons dit à plusieurs reprises. Des lieux pour contenir l’homme intérieur. Mais nous voyons maintenant qu’il y a plus que cela : ce sont aussi des lieux de l’Esprit et de la rencontre de celui-ci avec l’être créé. C’est l’homme, justement, un des endroits privilégiés de cette rencontre. La prostration, avec le mouvement même qu’elle dessine, confesse cette vérité. En se pliant sur soi et en direction de la terre, l’homme semble se souvenir et affirmer une des idées les plus chères à Isaac, à savoir que c’est à l’intérieur même de l’être que celui-ci trouvera la lumière qu’il cherche. En parlant de la nécessité que l’homme soit sensible à ses péchés, Isaac dit qu’un tel homme « au temps de la ténèbre, trouvera la lumière en lui-même ». Une lumière qui vient d’ailleurs, qui vient de Dieu, mais qui se manifeste dans son homme intérieur. Le geste de la prostration rappelle, même physiquement, ce mouvement « vers soi-même ». »
Ce numéro consacré à Isaac de Ninive peut être l’occasion de découvrir ou redécouvrir toute la profondeur et l’actualité de la spiritualité syriaque, si proche des philosophies de l’éveil. Comme le remarque avec justesse Sabino Chialà : « une des richesses les plus appréciées de la spiritualité syriaque est sa réflexion sur ce qu’on pourrait appeler la dimension intérieure de l’être humain. L’abondance et la variété du vocabulaire qui s’y rapporte en sont le premier témoignage. Dans les écrits des grands mystiques syro-orientaux, en particulier, des mots comme « cœur » - leba’, « intellect » - hawna’, « entendement » - mad’a’, « intelligence » - tar’ita’, et puis encore « âme » - nafsha’, « esprit » - ruha’ et « conscience » - ti’rta’ sont très fréquents et renvoient, de différentes manières, à une sorte de « géographie intérieure » de l’être humain. ».
C’est bien d’une voie du Corps de Gloire qu’il s’agit.
Editions Nouvelle Cité, domaine d’Arny, 91680 Bruyères-le-Châtel, France.

vendredi 24 septembre 2010

Les Elus Coëns et le R.E.R.

Les élus coëns et le Régime Ecossais Rectifié. De l’influence de la doctrine de Martinès de Pasqually sur Jean-Baptiste Willermoz par Jean-Marc Vivenza, Editions Le Mercure Dauphinois.
Ce livre vient à point pour développer un point historique et doctrinal très important qui fait malheureusement régulièrement polémique au sein du Régime Ecossais Rectifié, principalement en France et en Italie, deux terres traditionnelles où l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers connaît une vivacité discrète mais certaine.
Jean-Marc Vivenza dont les travaux érudits sont toujours précieux met d’emblée le lecteur en garde contre deux crispations : « l’une consistant à considérer le Régime Ecossais Rectifié comme une simple reproduction, bien que privée de sa partie théurgique, de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, l’autre visant à ne reconnaître aucun lien ni rapport entre le système de Willermoz et les enseignements dispensés par Martinès de Pasqually. »
Jean-Marc Vivenza identifie très clairement la nature sacerdotale du système des Elus Coëns. Ce point est essentiel pour comprendre la subtile résonance entre les Elus Coëns et le R.E.R.. Il est d’ailleurs regrettable de rencontrer aujourd’hui des branches coëns qui, par ignorance ou par paresse, ne retiennent de cette tradition exemplaire que sa forme maçonnique, niant sa réalité sacerdotale et son fondement théurgique.
« Comme nous le voyons, l’originalité profonde de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, venait précisément de cette vocation sacerdotale qu’il se proposait de conférer à ses membres les plus qualifiés et dignes de confiance. En quelque sorte, plus qu’une maçonnerie détentrice de quelques secrets initiatiques de nature symbolique, l’Ordre institué par Martinès était, positivement, une société religieuse dans laquelle, concrètement, officiaient des authentiques prêtres, du moins pour ceux, c’est-à-dire les Réaux-Croix, appartenant à l’ultime classe du Sanctuaire, capables de célébrer, dans son intégralité, le culte primitif.
On imagine ce qu’il pouvait y avoir d’incomparablement supérieur, du point de vue ésotérique et spirituel, dans cet Ordre certes faible numériquement, mais en possession d’un inestimable savoir touchant aux mystères les plus hauts. Les clefs, permettant de pénétrer à l’intérieur des subtiles énigmes que sont les innombrables questions portant sur les raisons de notre douloureuse et pénible situation en ce monde, ainsi que les moyens effectifs de recouvrer nos droits perdus depuis la Chute, réponses que tous, au XVIIIè siècle comme depuis toujours, mais avec une fièvre et un empressement bien en rapport avec l’état d’esprit dominant dans les périodes troublées et incertaines de l’Histoire, avidement recherchaient dans des voies incomplètes, inexactes, clefs et moyens donc, qui s’offraient apparemment enfin au chercheur sincère et à « l’homme de désir » véritable.»
Avec la même précision, il éclaire le lien indiscutable entre le RER et l’œuvre de Martines de Pasqually :
« Il apparaît ainsi incontestable, que l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte est porteur d’une base spirituelle et d’un héritage historique directement issus des enseignements de Martines de Pasqually, et qu’il faut se rendre complètement sourd et passablement fermé, voire autiste, face aux éléments formels que nous recevons par les différentes sources historiques disponibles, mais il est vrai qu’il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, pour refuser de convenir que ce qui a uni, profondément, le Régime Ecossais Rectifié avec la doctrine martinésienne, participe d’une incontestable et directe filiation dont la Grande Profession, en toute logique, fut détentrice de par les éléments propres qui y seront déposés par Jean-Baptiste Willermoz, lui-même, ne l’oublions pas, détenteur en tant que Réau-Croix, de l’intégralité de la transmission Coën… »
Jean-Marc Vivenza, par l’étude historique et la comparaison doctrinale, ne fait pas que mettre en évidence les liens entre les deux systèmes initiatiques, il identifie leurs natures respectives et leurs projets, de désir ou réels. Après avoir présenté les éléments coëns au sein du R.E.R. que sont les outils symboliques de la « Réintégration », il traite de quelques points essentiels comme La double nature et son implication spirituelle ou La symbolique de la réédification du temple comme figure de l’image et de la ressemblance.
Il pose alors une question nécessaire. Martinès de Pasqually dénonçait le caractère apocryphe de la Franc-maçonnerie. Qu’en est-il alors de ce régime Ecossais Rectifié héritier de son propre système ?
« la constitution du Régime Ecossais Rectifié a sans doute été, en tous les cas pour Willermoz et les frères les plus proches de lui qui l’assistèrent dans son entreprise (…) une volonté de perfection de l’Ordre des élus coëns. (…) le Régime Ecossais Rectifié corrige les coëns de par la place qu’il fait, notamment au sein de l’Ordre Intérieur, à la Sainte Trinité, qui est l’objet d’une révérence très marquée et insistante. En second lieu, le Régime Ecossais Rectifié dans son enseignement, contrairement à Martinès, possède une christologie exacte, puisqu’il déclare très nettement croire en la double nature du Christ et affirme reconnaître en Jésus le Messie vrai-Homme et vrai-Dieu. »
Jean-Marc Vivenza, s’appuyant à maintes reprises sur les travaux de Robert Amadou, reconnaît au R.E.R. une véritable orthodoxie et, pour lui, il ne fait aucun doute que la qualification d’apocryphe ne peut s’appliquer au Régime voulu par Willermoz.
« L’idée principale de la « Réintégration » se retrouve bien chez Willermoz dans cette vision d’un rétablissement général en sainteté du monde manifesté chuté, y compris, peut-être, et sous certaines conditions, les êtres prisonniers de l’Enfer parce qu’ils furent trompés par les artifices de l’Adversaire de Dieu »
Plus encore, le Régime Ecossais Rectifié « est le conservateur, le gardien et le continuateur du Haut et Saint Ordre. Cette fonction de conservation constitue une charge sacrée d’autant plus impressionnante que sous cette appellation, Willermoz pense à l’Ordre des élus de l’Eternel, c’est-à-dire à la sainte et pieuse société religieuse qui traverse les siècles depuis les origines… »
« le Régime Ecossais Rectifié n’est pas « non apocryphe » parce qu’il serait chrétien même si c’est sa nature spirituelle la plus profonde, mais parce qu’il est détenteur de la doctrine, héritier de la transmission, porteur et dépositaire de la filiation du Haut et Saint Ordre que cultivent, et préservent secrètement, les Grands Profès du Régime. Le Régime Ecossais Rectifié est ainsi placé – le seul au sein du monde maçonnique – sous les auspices d’une initiation qui s’opère par le passage par les trois essences spiritueuses, la symbolique des nombres, le sens des batteries, etc., et dont la source se trouve dans un Ordre qui est l’unique détenteur des sciences et connaissances primitives de l’homme. »
Le régime Ecossais Rectifié de Willermoz n’a donc jamais renoncé à la « Réintégration », sens véritable de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers. Tout au contraire, il perpétue et préserve l’œuvre des Elus Coëns. Cette conclusion est lourde de conséquences éthiques et opératives pour les membres du dit Régime.
Le Mercure Dauphinois, 4 rue de Paris, 38000 Grenoble, France.

lundi 23 août 2010

L'Esprit des Choses italien

L’Esprit des Choses, Nouvelle Série, en langue italienne, n°3.
L’Esprit des Choses est de nouveau disponible en langue italienne dans une formule totalement nouvelle, sous la direction de Giancarlo Tumiati et Ennio Junior Pedrini.
Sommaire du n°3 : Editoriale, Interrogativi diversi - Bard giugno 2010 : Conferenza internazionale di Yesod - L’orto biodinamico di Carla Federici - Il Pantacolo Martinista, a cura di Alexander - h w h y, Il Tetragramma - Il Nome divino Yod - Hé - Vau – Hé - Cabala 144 domande di Ibny Joshai - Consigli editoriali : Dialoghi su luce e tenebra
di Gino Balboni
Ass. Esprit des Choses, via Vittorio Emanuele 69, 11020 Bard (Ao) Italia.
Espritdeschoses@gmail.com

mardi 27 juillet 2010

Régime Ecossais Rectifié

Présence du Rite Ecossais Rectifié. Repères et actualité d’un courant maçonnique par Yves Saez, Editions Dervy.
Nous savons l’importance du Régime Ecossais Rectifié dans la Franc-maçonnerie, sans doute le plus cohérent des rites maçonniques, par construction et par enseignement. Rares sont les travaux pertinents sur le R.E.R.. En effet, nombre de loges du R.E.R. ignorent, ou veulent ignorer, les fondements doctrinaux de ce régime qui puise dans les enseignements de Martines de Pasqually, fondateur de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers et du théosophe Louis-Claude de Saint-Martin. Ce livre, non seulement n’élude pas ce point essentiel mais le développe longuement offrant au lecteur la possibilité de saisir l’esprit qui anime ce fleuron maçonnique.
L’auteur pose tout d’abord longuement le cadre, ce qu’il désigne comme une matrice, en exposant la constitution de la Franc-maçonnerie depuis « Le dit légendaire des Anciens Devoirs » jusqu’aux Constitutions d’Anderson. Une éclosion lente, expérimentale, riche et confuse, tendant vers l’organisation.
Il s’intéresse ensuite à trois personnalités d’exception, « Les véhicules d’Hiram », Le chevalier André Michael de Ramsay, le marquis de La Tierce, et Martines de Pasqually, « l’éveilleur ». Trois œuvres, trois bouleversements, nous dit-il. Et son propos est de première importance car il illustre le caractère initiatique que pourrait, que devrait, présenter le Franc-maçonnerie, en tout lieu, en tout temps.
Ramsay d’abord. Ramsay pressent la nécessité d’un centre, d’une axialité, d’un cœur :
« Cette connaissance par le cœur, c’est le chemin de l’intériorité. C’est l’effort idéal du sujet vers lui-même et le lieu de l’Être (…)
Ramsay transportait dans ses discours cet espace d’origine où il prenait appui. Il faisait de l’Ordre le continuateur d’une collectivité « toute spirituelle » ; il affirmait que les maîtres maçons étaient préparés aux « vertus divines » ; constatait avec la prudence d’un orateur dans une audience ouverte : « Notre institut renferme toute la philosophie des sentiments et toute la Théosophie du Cœur. » En distinguant le lieu du cœur, il désignait le siège d’une connaissance immédiate. Directe. Et proposait à la cosmogonie organisatrice de la loge maçonnique, un axe qui éloigne tous symboles et dispense de toute liturgie. Le siège d’un chaos personnel. Un tehom individuel avec son Incréé veillant. Le Verbe présent aussi. »
Le marquis de La Tierce fut le passeur de l’idée-force véhiculée par Ramsay. En « internationalisant » les Constitutions et le Discours de Ramsay, il donne au projet maçonnique son rayonnement à partir de l’intention première dans un processus d’idéation particulièrement favorable :
« On voit le mouvement de culture qui a porté de La Tierce en brouillant les frontières. Le milieu disponible et lettré où il évoluait, entre la France, l’Allemagne et l’Angleterre, était œcuménique et généreux ; se définissait dans un idéal de tolérance et de spiritualité. »
Enfin, Yves Saez reconnaît à Martines de Pasqually la place, si essentielle, qu’il mérite :
« Certains trésors affleurent parfois à la surface du sol et s’offrent à qui sait les rencontrer. On dit que si personne alors ne les invente, ils disparaissent de nouveau pour le temps qu’ils choisissent. Ou pour la durée que souhaite le sol. N’importe d’où viennent ces étonnants témoins, et n’importe qu’ils disparaissent, si une seule pensée est changée par leur visite.
Le Traité de la réintégration des êtres est un écrit qui ne cesse de surprendre, il encombre ou séduit ; il trouble toujours. La naissance et les circonstances de la vie de Martines de Pasqually restent énigmatiques, mais n’importe. Ce qui compte c’est que la rareté du Traité et la personnalité de son auteur ont eu une portée déterminante sur un courant majeur de la franc-maçonnerie du XVIIIe siècle. Ce qui importe c’est la résonance, fût-elle non consciente, de cette écriture dans toute la maçonnerie continentale, parce qu’elle se lève devant l’assurance absolue de la science ; parce qu’elle s’insurge de l’autorité des formules, et glisse dans la prétention mathématique la délicate ondulation du légendaire. »
Remarquons qu’André breton a lancé à la face de la Sorbonne une idée semblable à celle que développe ici Yves Saez.
La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à « L’offre de réalisation du R.E.R. », offre de « déliement », offre de liberté chère tant à Willermoz qu’à Saint-Martin.
Mêlant avec justesse repères historiques, fondements théoriques, références littéraires, analyse du rituel, Yves Saez dresse un tableau audacieux de cette offre et de cette réalisation. Et l’audace justement, l’audace élégante, caractérise ce courant par lequel la poésie initiatique l’emporte sur les lourdeurs formelles.
Il conclut :
« Tout rite préserve son énonciation, ses rythmes – sa poétique – et isolément embellit une part du modèle originel : le phrasé d’un rituel retient ici, l’éclat dialogique d’une instruction là ; ailleurs, la densité d’une formule. Mais ce qui par-dessus tout attache, par-dessus chaque interprétation, par-dessus la flexibilité de toute figure et de toutes histoires, c’est le lien que les récits, que tous les récits de la franc-maçonnerie entretiennent – lien d’écriture entre des textes épars, lien ténu et à peine deviné parfois, mais tissé ligne à ligne, mot à mot, et fort de cette tentative toute simple de réduire un peu le désordre. »
Ne manquez pas ce livre, véritablement un livre de tisserand, qui, tant sur le fond que sur la forme - belle écriture de l’auteur -, restitue à ce courant majeur qu’est le R.E.R. une part de son rayonnement.
Editions Dervy, 22 rue Huyghens, F-75014 Paris.

dimanche 16 mai 2010

Carnets d'un Elu Coën

L’idée du culte dans le Traité de la Réintégration de Martinès de Pasqually et son enseignement par Georges Courts, Collection Carnets d’un Elu Coën, CIREM.
C’est une grande joie de retrouver la collection des Carnets d’un Elu Coën, initiée et voulue par Robert Amadou, avec ce texte de Georges Courts qui considère ici l’idée du Culte Primitif, que Robert Amadou a brillamment décelée chez Martines de Pasqually avant de la développer. Georges Courts considérait d’abord que n’apparaissait pas chez Martines de Pasqually de Culte Primitif en tant que tel. Les débats, nécessaires, à la fois sur le plan de la théorie et sur celui de la pratique opérative, devaient conduire à une investigation systématique de l’oeuvre de Martines.
En effet, cette idée de Culte Primitif, sous d’autres appellations, se retrouvent en d’autres rites ou traditions. Nous penserons, pour rester dans l’illuminisme, au rite swedenborgien, entre autres. Il y aurait un culte premier dont les autres ne seraient que la projection ou la répétition, ou encore la célébration. Les rites « seconds », ou dérivés, devraient donc être traversés pour rejoindre ce Culte Primitif. De ce point de vue, ils seraient donc bien des rites de passage, de la forme au non forme, du duel au non-duel.
Georges Courts a donc fait l’effort de reprendre l’oeuvre de Martines de Pasqually pour relever, annoter et commenter toutes les références à ce qui pourrait s’apparenter à l’idée-force d’un Culte Primitif. Travail important et passionnant.
Chacun, simple lecteur ou pratiquant de la théurgie si particulière de l’Ordre des Chevaliers Maçons Elus Coëns de l’Univers, trouvera dans les pages qui suivent matière à se forger sa propre idée ou expérience du culte.
Huit Euro port compris.
CIREM, BP 08, 58130 Guérigny-France.

mardi 11 mai 2010

L'Esprit des Choses italien

L’Esprit des Choses, Nouvelle Série, en langue italienne, n°2.
L’Esprit des Choses est de nouveau disponible en langue italienne dans une formule totalement nouvelle, sous la direction de Giancarlo Tumiati et Ennio Junior Pedrini.
Sommaire du n°2 : Editoriale, Spirito di ecumenismo – Omagio a Robert Amadou di Serge Caillet – Ieschouah, Grande Architetto dell’Universo – Etica e iniziazione – Saggio di tipologia delle Società segrete – Cabala 144 domande di Ibny Joshai.
Ass. Esprit des Choses, via Vittorio Emanuele 69, 11020 Bard (Ao) Italia.
Espritdeschoses@gmail.com